par Yvon JOSEPH-HENRI
Epreuve Lettres Terminales L et ES
Séries L : 3 - Séries ES-S : 2
Les coefficients en terminale dépendent du choix opéré : 2 ou 5 par exemple
[ sujet
1]
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2]
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L]
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ES-S] [ sujet
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ES-S] [ sujet 1] [sujet
2] [sujet 3 L] [sujet 3 ES-S] [ sujet 1] [sujet
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SOMMAIRE GENERAL]
France
Espagne
Réunion
(en cours)
Guyane
(en cours)
I. - QUESTIONS (10 points)
- 1 - Quels aspects de l'éducation V. Hugo condamne-t-il des vers 161 à 180 ? Comment le poète donne-t-il force à sa démonstration ? (3 points)
- 2 - Dégagez la thèse défendue par V. Hugo du vers 173 à la fin. (2 points)
- 3 - Étudiez la valeur des temps du vers 200 au vers 203. (2 points)
- 4 - Quel rôle joue la métaphore filée de la lumière dans l'argumentation à partir du vers 193 jusqu'à la fin du poème ? (3 points)
II. - TRAVAIL D'ÉCRITURE (10 points)
- Faites, à votre choix, l'éloge ou le procès d'un enseignement sans contraintes.
SUJET 2: COMMENTAIRE LITTERAIRE
Il ferma les yeux et appuya sa joue contre le tronc, seul point ferme dont il disposât. Dans cette vivante mâture, le travail du bois, surchargé de membres et cardant() le vent, s'entendait comme une vibration sourde que traversait parfois un long5 gémissement. Il écouta longuement cette apaisante rumeur. L'angoisse desserrait son étreinte. Il rêvait. L'arbre était un grand navire ancré dans l'humus et il luttait, toutes voiles dehors, pour prendre enfin son essor. Une chaude caresse enveloppa son visage. Ses paupières devinrent incandescentes. Il comprit que le
10 soleil s'était levé, mais il retarda encore un peu le moment d'ouvrir les yeux. Il était attentif à la montée en lui d'une allégresse nouvelle. Une vague chaleureuse le recouvrait. Après la misère de l'aube, la lumière fauve fécondait souverainement toutes choses. Il ouvrit les yeux à demi. Entre ses cils, des
15 poignées de paillettes luminescentes étincelèrent. Un souffle tiède fit frémir les frondaisons. La feuille poumon de l'arbre, l'arbre poumon lui-même, et donc le vent sa respiration,, pensa Robinson. Il rêva de ses propres poumons, déployés au-dehors,buisson de chair purpurine(2) , polypier (3) de corail vivant, avec 20 des membranes roses, des éponges muqueuses... Il agiterait dans l'air cette exubérance délicate, ce bouquet de fleurs charnelles, et une joie pourpre le pénétrerait par le canal du tronc gonflé de sang vermeil...
Michel TOURNIER, Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Gallimard, 1967.
I. - QUESTIONS (4 points)
II. - COMMENTAIRE COMPOSE (16 points)
Vous présenterez un commentaire composé de ce texte. (16 po in ts)
Sujet 3- Dissertation sur un sujet littéraire
- "Sans dépayser le spectateur ni par le langage, ni par les situations, ni par les héros, le mythe antique, dans une pièce moderne, ouvre au public les portes du rêve et de la réflexion."
- Ces propos s'appliquent-lis à l'oeuvre théâtrale du XXième siècle que vous avez étudiée ?
- Selon un critique, "le mythe antique stimule la réflexion de chacun. Son but n'est pas de fournir des réponses toutes faites, mais d'inciter à rechercher ces réponses."
- En quoi l'oeuvre théâtrale du XXème siècle que vous avez étudiée cette année vous semble-t-elle avoir tiré parti du mythe ainsi défini ?
Sujet 1: étude d'un texte argumentatif
Le XVIIéme siécle a été le siécle des mathématiques, le XVIIIéme celui des sciences physiques, et le XIXéme celui de la biologie. Notre XX éme siécle est le siécle de la peur. On me dira que ce n'est pas là une science. Mais d'abord la science y est pour quelque chose, puisque ses derniers progrès théoriques l'ont amener à se nier elle-même et puisque ses perfectionnements pratiques menacent la terre entière de destruction. De plus, si la peur en elle-même ne peut être considérée comme une science, il n'y a pas de doute qu'elle soit cependant une technique.
Ce qui frappe le plus, en effet, dans le monde où nous vivons, c'est d'abord, et en général, que la plupart des hommes (sauf les croyants de toutes espèces) sont privés d'avenir. Il n'y a pas de vie valable sans projection sur l'avenir, sans promesse de mûrissement et de progrès. Vivre contre un mur, c'est la vie des chiens. Eh bien ! les hommes de ma génération et de celle qui entre aujourd'hui dans les ateliers et les facultés ont vécu et vivent de plus en plus comme des chiens.
Naturellement, ce n'est pas la première fois que des hommes se trouvent devant un avenir matériellement bouché. Mais ils en triomphaient ordinairement par la parole et par le cri. Ils en appelaient à d'autres valeurs, qui faisaient leur espérance. Aujourd'hui, personne ne parle plus (sauf ceux qui se répètent), parce que le monde nous paraît mené par des forces aveugles et sourdes qui n'entendront pas les cris d'avertissements, ni les conseils, ni les supplications. Quelque chose en nous a été détruit par le spectacle des années que nous venons de passer. Et ce quelque chose est cette éternelle confiance de l'homme, qui lui a toujours fait croire qu'on pouvait tirer d'un autre homme des réactions humaines en lui parlant le langage de l'humanité. Nous avons vu mentir, avilir, tuer, déporter, torturer, et à chaque fois il n'était pas possible de persuader ceux qui le faisaient de ne pas le faire, parce qu'ils étaient sûrs d'eux et parce qu'on ne persuade pas une abstraction, c'est-à-dire le représentant d'une idéologie.
Le long dialogue des hommes vient de s'arrêter. Et, bien entendu, un homme qu'on ne peut pas persuader est un homme qui fait peur. C'est ainsi qu'à côté des gens qui ne parlaient pas parce qu'ils le jugeaient inutile s'étalait et s'étale toujours une immense conspiration du silence, acceptée par ceux qui tremblent et qui se donnent de bonnes raisons pour se cacher à eux-mêmes ce tremblement, et suscitée par ceux qui ont intérêt à le faire. «Vous ne devez pas parler de l'épuration des artistes en Russie, parce que cela profiterait à la réaction.»ª «Vous devez vous taire sur le maintien de Franco par les Anglo-Saxons, parce que cela profiterait au communisme.»ª Je disais bien que la peur est une technique.
Entre la peur très générale d'une guerre que tout le monde prépare et la peur toute particulière des idéologies meurtrières, il est donc bien vrai que nous vivons dans la terreur. Nous vivons dans la terreur parce que la persuasion n'est plus possible, parce que l'homme a été livré tout entier à l'histoire et qu'il ne peut plus se tourner vers cette part de lui-même, aussi vraie que la part historique, et qu'il retrouve devant la beauté du monde et des visages; parce que nous vivons dans le monde de l'abstraction, celui des bureaux et des machines, des idées absolues et du messianisme* sans nuances. Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison, que ce soit dans leurs machines ou dans leurs idées. Et pour tous ceux qui ne peuvent vivre que dans le dialogue et dans l'amitié des hommes, ce silence est la fin du monde.
Pour sortir de cette terreur, il faudrait pouvoir réfléchir et agir suivant la réflexion. Mais la terreur, justement, n'est pas un climat favorable à la réflexion. Je suis d'avis, cependant, au lieu de blâmer cette peur, de la considérer comme un des premiers éléments de la situation et d'essayer d'y remédier. Il n'est rien de plus important. Car cela concerne le sort d'un grand nombre d'Européens qui, rassasiés de violences et de mensonges, déçus dans leurs plus grands espoirs, répugnant à l'idée de tuer leurs semblables, fût-ce pour les convaincre, répugnent également à l'idée d'être convaincus de la même manière.
Albert Camus, «Le siècle de la peur»ª, Combat, 1948.
Messianisme : idéologie qui annonce le salut de l'humanité dans ce monde ou dans l'au-delà.
Questions (10 points)
Quelle est la thèse exprimée dans le premier paragraphe ? Comment est-elle précisée dans ce premier paragraphe ? Par quelle formule est-elle réaffirmée dans le quatrième paragraphe ? (1,5 point)
Par quels procédés le passé et le présent sont-ils opposés dans le troisième et quatrième paragraphes ? Quelle opposition majeure soulignent-ils ? (4 points)
Dégagez la structure argumentative du cinquième paragraphe. (3 points)
Quelle solution réalisable Camus propose-t-il dans le dernier paragraphe ? Reformulez-la. (1,5 point)
Travail d'écriture (10 points)
«Notre XX ème siècle est le siècle de la peur»ª, écrit Camus. Et pour vous, le XXIème siècle sera le siècle de quoi?
Vous répondrez dans un développement argumenté et entièrement rédigé.
Sujet 3
A . Série littéraire
«Je veux semer dans les curs, au milieu de mes paroles indignées, l'idée d'un châtiment autre que le carnage»ª, écrit V. Hugo à son éditeur à propos des Châtiments. Les livres des Châtiments que vous avez étudiés illustrent-ils cette affirmation»?
Un écrivain contemporain déclare: « Je me propose non de vous faire frémir ou pleurer mais de vous faire réfléchir»ª.
Le candidat traitera l'un des trois sujets qui lui sont proposés et pour le sujet choisi, il traitera dans l'ordre qu'il lui plaira, les deux questions.
Pourquoi a-t-on pu affirmer que la poésie d'Ethiopiques est une célébration de l'Afrique ?
Que représente la figure de Chaka dans Ethiopiques ?
- «Coeurs sensibles, coeurs fidèles,
- Qui blâmez l'amour léger,
- Cessez vos plaintes cruelles :
- Est-ce un crime de changer ?
- SI l'Amour porte des ailes,
- N'est-ce pas pour voltiger ?
- N'est-ce pas pour voltiger ?
- N'est-ce pas pour voltiger ?»
- (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro )