SEMAINE 1.

XVI° siècle

 

  • Debbie

Le XVIème siècle

Le XVI éme siècle est le siècle de la Renaissance, mot ambigu¸ s'il en est. En effet on voit, trop souvent, la Renaissance comme une période brillante après les ténébres du Moyen-Age. Mais, la Renaissance, c'est principalement la renaissance de l'homme, son repositionnement dans l'univers qui l'entoure; l'homme devient le centre de cet univers, il est l'univers en miniature, un microcosme. L'homme doit ainsi apprendre à se connaître avant de prétendre connaître le monde(1). On définit ainsi une nature humaine qui permet à son tour l'élaboration d'une éthique personnelle (1). N'est-ce-d'ailleurs pas le but que poursuit Montaigne dans ses Essais?

L'éthique du XVI ème siècle consiste en un éveil à la vie morale (2). Cette éthique est avant tout basée sur le respect et sur l'affirmation de l'être. Pour s'affirmer, l'individu aussi doit apprendre, il doit saisir par l'esprit la réalité du monde. On retrouve ici le programme de Gargantua où figurent toutes les matières scientifiques (c'est aussi le siècle d'Ambroise Paré). Chez Rabelais on retrouve cet hymne au génie humain. La transmission du savoir par les livres joue donc un role prépondérant durant ce siècle (3). Les humanistes, tels Erasme de Rotterdam, Rabelais ou encore Tomas More, voient leurs oeuvres publiées (3) rencontrer un vaste public.

Pourtant le XVI éme siècle est important à un autre effet. C'est le siècle où s'affirme la langue française; et de nombreuses oeuvres étrangères (spécialement antiques), sont traduites pour les rendre plus accessibles. L'Ecriture Sainte est vulgarisée malgré les réticences de quelques uns tels Ronsard ou Montaigne.

[Un travail qui me paraît satisfaisant mais qui pourrait se développer aussi selon d'autres axes :

le XVIème siècle: il se différencie de quels autres siècles ? Le précédent et le suivant : quelles différences voyez-vous ?
A quoi peut-on attribuer ce repositionnement du siècle sur l'homme ? L'homme n'était-il pas au centre de l'univers avant ?
(1) Comment peut-on dire cela ? Et si je dis que c'est faux, quels arguments peut-on fournir ?
(2) Il n'y avait pas de vie morale avant ? On ne respectait pas l'être avant ?
(3) Pourquoi ?
Quels développements économiques, sociologiques ?
Qu'en est-il de la littérature et des auteurs -vous en avez cependant cité un certain nombre- ]
 
 
  • Vanessa

Etude générale du XVIe siècle

Le XVIe siècle est une période d'activité intense, que l'on associe principalement à la Renaissance, mais également aux réformes et aux guerres de religion.

L'humanisme en découle(1). Cette doctrine nouvelle en France, est un véritable appétit de savoir. Le terme humanitas désigne la culture et l'élégance morale; on veut instruire l'homme et soigner le corps, ignoré avant (2). Rabelais fait de cette nouvelle philosophie la base de Gargantua, et instaure ses règles (3) dans l'abbaye de Thélème.

L'humanisme semble avoir plusieurs causes :

  • La découverte d'horizons nouveaux par Colomb, Magellan ou Gama qui intriguent (exemple:l'étude des cannibales dans les Essais de Montaigne) (4)
  • L'exemple Italien où la Renaissance fleurit depuis un siècle déjà; les humanistes français vont y chercher l'inspiration antique, préférée aux gloses médiévales. (5)
  • Le règne de François 1er n'y est pas étranger non plus, il se fit le protecteur des savants, des artistes, des hommes de lettres, et contribua au développement du savoir. (6)

On constate, au niveau de la littérature, que la cassure n'est pas nette avec le Moyen-Age, comme on pourrait le penser, ainsi, jusqu'au milieu du siècle, la littérature demeure sous l'influence médiévale: on le constate en lisant Marot, par exemple.

La Pléiade, groupe de poètes, veulent instaurer un style nouveau : la remise au goût du jour des genres antiques.

L'époque troublée des guerres de religion est également propice à l'emergence d'individus,qui résistent à cette vague de violence(7).La littérature s'en inspire largement. Montaigne en est un exemple, il fait de sa prose un outil de jugement.

Pour résumer, disons que le XVIe siècle, qui a débuté avec le rêve Italien, finit avec un sentiment d'instabilité des choses(8), tout ayant été remis en question durant cette période.

(1) L'humanisme en découle dites-vous : comment ? Pourquoi ? - en d'autres termes est-ce simplement une formule pour vous où y voyez-vous un processus que vous pourriez expliquer ? [Si je vous dis cela c'est que je pense que vous ne le pouvez pas ! Et vous ne le pouvez pas parce que c'est trop difficile ! J'aurais pour ma part été incapable, au même âge de répondre : et je vous pose donc la question pour vous obliger à essayer de comprendre des mécanismes profonds, et à éventuellement vous rendre compte qu'il vous manque des données pour les comprendre-données éventuellement que je tenterai de vous fournir]

(2) Exact, mais pourquoi ?

(3) C'est-à-dire ?

(4) Très juste, mais vous oubliez la découverte de l'imprimerie qui peu à peu fait son effet. Le livre prend de plus en plus d'importance. Quel exemple en avons-nous de cette importance du livre ? Qui peut répondre parmi vous ?

(5) oui, je reviendrai là-dessus plus tard ...si je n'oublie pas !

(6) Comment particulièrement [cela recoupe ma question à la note 4 ci-dessus]

(7) Mais certains y participent aussi . Ronsard se laisse aller dans ses Discours, et Agrippa d'Aubigné n'est pas tendre !

(8) Ah ! Vous m'intéressez . Quel courant littéraire, et artistique en général témoigne de cette instabilité ? On identifie sa naissance au Portugal puis en Espagne et il iradie dans toute l'Europe . Allez qui me donne la réponse ?

Votre travail est aussi très satisfaisant, plus factuel peut-être que celui du Debbie [ce n'est pas une comparaison pour dire que l'un est meilleur que l'autre : ils me plaisent l'un comme l'autre; mais c'est pour vous aider à comprendre vos différences, qui font vos forces à l'une comme à l'autre. Debbie s'intéresse à la réflexion, à la dimension philosophique du XVIè siècle, alors que Vanessa semble plus s'intéresser en historien aux faits et aux origines des faits. Tout ceci doit être pris évidemment avec une extrême prudence ! ]

 


SARTRE

ORESTE

  • Debbie

LES MOUCHES &endash; JEAN-PAUL SARTRE

L'Oreste de Sartre n'a pas l'intention de tuer quelqu'un au début de la pièce. Cependant, il se sent vide et cherche un acte à accomplir qui donnerait un sens à sa vie. Il le dit au pédagogue dans le premier acte, scène 2:

"Ah! S'il était un acte, vois-tu, un acte qui me donnât droit de cité parmi eux; si je pouvais m'emparer, fût-ce par un crime, de leurs mémoires, de leur terreur et de leurs espérances pour combler le vide de mon coeur, dussé-je tuer ma propre mère..."

Le "tuer ma propre mère" semble contredire ce que j'ai dit des intentions d'Oreste. Mais, je crois qu'il justfie ici son besoin d'accomplir un acte, n'importe lequel pour ne plus se sentir vide Cet acte pourrait aller jusqu'à tuer sa propre mère. Ce groupe de mots n'a en fait pour fonction que de donner la dimension du manque d'Oreste et n'a pas de raport direct avec l'assassinat de sa mère.

Chez Sartre, Oreste est un personnge qui évolue et il est au centre de la pièce. En arrivant à Argos, il ne sait pas ce qu'i est ou qui il est. Il n'a qu'une certitude, celle de cet acte qu'il veut accomplir, il est libre. C'est d'ailleurs ce qu'il dit

"Moi, je suis libre, Dieu merci. Ah! Comme je suis libre. Et quelle superbe absence que mon âme."

Oreste veut obtenir le droit de cité à Argos.

"C'est ma seule chance (...) Je veux être un homme de quelque part, un homme parmi les hommes (...) Je veux tirer la ville autour de moi et m'y enrouler comme dans une couverture. Je ne m'en irai pas."

Oreste sait qu'il doit décider seul son destin se réaliser. Il fait preuve de fermeté même après l'assassinat. Il se sent roi et le déclare au peuple d'Argos: "O mes hommes, je vous aime, et c'est pour vous que j'ai tué.(...) A présent je suis des vôtres". Il pense avoir crée un lien avec le peuple d'Argos en assassinant Egisthe et Clytemnestre.

On peut donc se demander à qui sert l'acte d'Oreste; fort probablement à Oreste et à lui seul. La libération d'Argos n'a été réalisée que par Oreste et non par le peuple. C'est toujours Oreste qui change et non les autres. En effet il passe d'être un individu peu ddéfini à être un homme déterminé, qui a choisi sa vie. Il serait selon moi erroné de croire qu'Oreste assassine sa mère et son amant par simple vengeance. Je crois qu'il les tue, dans un esprit totalement sartrien, c'est-à-dire parce qu'ils sont des tyrans qui empêchent la liberté d'autrui.

Mon commentaire sur Oreste : c'est un bon travail. Je ferai une correction en soulignant autant que possible les nuances ou les éclairages que je souhaite apporter à ce que vous avez écrit qui est juste, foncièrement .


  • Vanessa

Les Mouches de Sartre

1) acte 1

  • Au départ Oreste est décidé à s'installer à Argos et à faire valoir ses droits, les oppositions du Pédagogue n'y feront rien. Puis vient Jupiter qui pousse Oreste à partir en lui donnant des avertissements sous forme de conseils. Oreste est convaincu, il envoie le pédagogue leur chercher des montures pour partir. Il rencontre alors Electre, sa soeur, et Clytmnestre, sa mère. Il écoute leurs disputes, et sur la demande de sa soeur, décide de rester, au moins pour le spectacle. Quant il rencontre de nouveau Jupiter, il lui apprend sa décision et ce dernier l'invite comme son hote.

 

  • Oreste parait être, à première vue, un jeune homme décidé, mais il se revèle finalement incertain, suite au discours de Jupiter et du Pédagogue. En voyant sa soeur il est intrigué et décide de rester. Pour mieux comprendre probablement, comment ils vivent tous.

 

  • Le Pédagogue est une personne importante dans la vie d'Oreste. C'est son .. pédagogue, tout simplement, celui qui le conseille et l'instruit. Il sert à raisonner son maitre et à le faire réfléchir.

 

2) Sur la scène 1

¤ {qu'est ce que cela veut dire exactement ?} Quoi ? Comment voulez-vous que je comprenne ?

¤La scène commence avec les vieilles qui font des offrandes à la statue de Jupiter: Oreste et le pédagogue arrivent; on sait que Jupiter est déjà là, grace aux didascalies. Les vieilles s'enfuient en hurlant en voyant les voyageurs. Ils sonnent [ L'électricité existait ? ] à une porte et interpellent l'idiot: personne n'est en mesure de leur répondre. C'est alors qu'ils remarquent Jupiter, qui les a suivis jusque là, et ce dernier fait figure de "sauveur" c'est le premier qui leur parle et leur explique le climat régnant sur la ville.

¤ L'atmosphère qui règne est on ne peut plus méfiante !

Méfiante vis à vis des habitants, qui n'accordent pas la moindre parole aux étrangers; méfiante également entre Oreste (qui se prétend Philèbe) et Jupiter. Ils cachent tous les deux leurs identités pour se parler en feignant de ne pas se connaitre. Jupiter connait l'identité d'Oreste, le Pédagogue devine que Jupiter sait quelque chose, et Oreste failli de se vendre:

- Vraiment ? C'est là ce que vous diriez ? Et bien, si j'étais, moi, ce jeune homme, je vous répondrais...(ils se mesurent du regard, le pédagogue tousse)

 

¤ Il est etonnant que Jupiter soit représenté, chez les gens d'Argos, comme le Dieu des mouches et de la mort. Mais cela se comprend(s) lorsqu'on avance dans le recit, la vie des gens d'Argos est composée de mort, de repentir, et de mouches. Sa présence ici est apparemment motivée par l'envie de protéger Oreste [Non !]. On apprend (grace aux didascalies notemment) qu'il suit Oreste depuis son départ en voyage, et il ne se présente à lui que plus tard, sous le nom de Démétrios. Anonymement, et indirectement (car il feint de ne pas s'adresser à lui) il lui raconte l'hisoire de cette ville et lui promulgue des conseils.

"Si je le rencontrait [...] je lui dirait ceci [..] que cherchez vous ici? vous avez mieux à faire que regner sur une ville à moitié morte. [...]

Bon voyage jeune homme; l'ordre d'une cité et l'ordre des âmes sont instables, si vous y touchez, vous provoquerez une catastrophe"

Ses propos veulent à coup sur emmener [conduire] Oreste à quitter cette ville et à ne pas chercher à vouloir reprendre son trône, cela ne lui [= qui ?] apporterait que tracasseries.

¤ Les didascalies (mot propre au théatre grec, non ?) servent à donner, à l'acteur comme au spectateur, des indications plus précises sur les actions en cours.

exp: la porte se referme brusquement.

Elles sont particulièrement précisent [précises] dans cette pièce de Sartre. Pour nous faire ressentir la présence envahissante des mouches, Sartre a particulièrement insisté sur la didascalie: Il chasse les mouches.

On la compte 5 fois dans la scène 1 [Ah! Voilà une remarque intéressante car elle s'appuie sur un fait]

 

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COMPARAISON ELECTRE- LES MOUCHES

ELECTRE VERSUS LES MOUCHES

  • Debbie

La structure de la pièce entre Giraudoux et Sartre est différente. Giraudoux présente une pièce en deux actes avec un entracte (le lamento du jardinier). Giraudoux va s'inspirer d'Euripide.

Le rôle essentiel est accordé à Electre alors que Sartre fait de Oreste le centre de sa pièce. Giraudoux fait du mythe une intrigue policière dont le point de départ est l'assassinat d'Agamemnon. L'identité des assassins n'est au départ qu'une intuition, et Electre doit résoudre cette énigme. Cela devient une quête de la vérité et d'absolue vérité. L'auteur ne s'éternise pas sur l'identification d'Oreste, et il ne s'en sert que pour créer des effets ambigus à propos du mariage d'Electre.

Le mythe reste le même mais les intentions des auteurs divergent. Chez Giraudoux, Electre réclame que le bonheur lui-même soit sacrifié à l'accomplissement de la justice. Parce qu'Electre est inflexible, dans sa recherche de la vérité, elle est le point de référence par rapport auquel tous les autres personnages se situent . Giraudoux fait d'Egisthe le principal adversaire d'Electre, l'auteur lui donne une importance nouvelle. Le coup de théâtre de sa conversion est une trouvaille à fort contenu dramatique. Le noble personnage du bouvier d'Euripide annonce celle du jardinier de Giraudoux. Mais alors que Giraudoux va renouveler le mythe, Sartre va l'utiliser. Cela est probablement dû au fait que leur fonction est différente, Giraudoux est un écrivain alors que Sartre est un philosophe.

Dans l'acte 2, scène 9, Giraudoux reprend la tradition du récit final, mais il lui confère un rythme original. On le voit dans la syntaxe qui marque la progression du récit. L'anaphore de l'adverbe «alors» marque la succession des étapes et des actions d'Egisthe. Dans cette scène la temporalité narrative donne le rythme du récit: le temps le plus employé est l'imparfait qui fige les actions comme dans un tableau et souligne les détails inventés par Giraudoux. Le rôle du récitant est très important dans cette scène. Dans la tragédie classique, le choeur ou un témoin racontent des faits de manière neutre. Chez Giraudoux, le mendiant prend parti et oriente le jugement du spectateur. Le jugement du mendiant rejoint celui de l'écrivain qui distribue les rôles à sa manière: Oreste n'est plus le héros mais l'envoyé aveugle du destin.

Chez Giraudoux, le tragique ne résulte pas seulement du caractère atroce du matricide. D'autres éléments interviennent. En effet, le dramaturge s'attache à éveiller chez le spectateur l'idée de pureté par le spectacle de la cruauté (le lamento du jardinier). La vision du crime évolue par le réalisme. Il y a prise de conscience des meurtriers qui découvrent le sens de l'acte en l'accomplissant. Giraudoux va donc montrer concrètement l'atrocité du meurtre avant d'en montrer l'absurdité. Le dénouement d'Electre est tragique, mais Giraudoux a changé le héros du mythe: c'est Egisthe qui éveille la pitié du spectateur, Giraudoux oriente donc l'interprétation du mythe..

L'interprétation de Sartre est très largement différente. A partir du titre, nous pouvons donc déduire que cette interprétation du mythe d'Electre, va nous réserver quelques surprises. Il y a les Erinnyes qui sont devenues les mouches, insectes ennuyeux et sales qui embêtent tout le monde et sont la représentation du poids qui pèse sur le peuple d'Argos. Les mouches sont là depuis l'assassinat d'Agamemnon par Clytemnestre et Egisthe. Les argosiens ont entendu les cris d'Agamemnon mais ils n'ont rien fait, ils sont complices à cause de leur silence. Les hordes de mouches qui ont envahi la ville symbolisent la repentance du peuple obligé à porter encore le deuil. Les hommes sont tous vêtus de noir Mais ce qui frappe tout de suite, est que le dieu Jupiter se promène comme un véritable homme dans les rues. Il est présent en tant que personne humaine, mais on le rencontre aussi comme statue. Ceci ne veut pas dire qu'il n'a pas de pouvoir divin. Ses formules magiques lui permettent de se débarrasser des mouches en prononçant quelques paroles magiques, symboles de son pouvoir, alors que les autres les subissent. Il est surprenant aussi de noter que Sartre a donné le nom du dieu romain à un dieu grec (Zeus).

Le Jupiter sartrien est ridiculisé, et Electre l'insulte, «Ordure!» (acte 1, scène 3). Jupiter est normalement dans la mythologie, le père des dieux. Chez Sartre il est le dieu des morts et des mouches.

En fait, l'interprétation du mythe est chez Sartre un prétexte. Il veut surtout nous montrer les réactions d'Oreste et pour autant, tout ce qui est autour d'Oreste permet de son importance. Le théâtre n'est pas utilisé chez Sartre pour montrer des caractères qui sont en conflit, mais pour mettre en évidence une situation. Pour Sartre l'homme est libre dans une situation donnée et l'auteur présente une situation simple et humaine qui prend la place principale de la pièce et oblige les hommes à choisir. « Les mouches » montrent un caractère en train de se former et l'auteur montre le moment d'un choix, d'une décision, qui détermine une vie. Un être libre et indéterminé doit choisir. Il faut risquer pour gagner sans compter les conséquences. C'est la démarche d'Oreste. Dans des situations limites que présente l'auteur, le personnage se trouve devant un dilemme auquel la mort peut être mêlée. On reconnaît donc les idées existentialistes de Sartre dans «Les mouches».

L'Electre de Giraudoux est à la fois une tragédie classique et un drame moderne dont les personnages s'expriment dans un langage poétique (symboles animaliers et végétaux), avec humour et parfois cynisme (les petites Euménides, Egisthe). Les Mouches de Sartre sont une manière de propager ses idées de liberté, de résistance à tout pouvoir. C'est une manière de propager sa doctrine fondamentale «l'existentialisme»; l'homme n'est grand que dans l'accomplissement d'un acte libre, et pour ce faire, il met en relief la condition d'esclave d'Electre.

Un excellent travail. Je n'ai pas grand chose à ajouter.


CAMUS

L'ETRANGER

 

1. PREMIERE PARTIE

1.1. Chapitre I

  • Travail de Jessica

1-Résumer le chapitre 1:

Mr Meursault apprend que sa mère est décédée .Il se rend à Marengo afin d'assister à l'enterrement de celle-ci. Elle vivait dans un asile .Il a veillé toute la nuit, avec des amis de sa mère, devant la morte . Le lendemain, lui, le concierge, une infirmière er Mr Pérez (un ami très proche de Mme Meursault ), se rendirent à l'église du village, à plusieurs kilomètres de l'asile;mais la chaleur gagne ces personnes .

2-Décomposer le chapitre en fonction du temps qui s'écoule.

*"Aujourd'hui, maman est morte(...)une affaire plus officielle".

>Annonce de la mort de Mme Meursault, préparation au départ pour l'enterrement .

*"J'ai pris l'autobus(...)c'était une impression fausse."

>Départ et arrivée à l'asile, rencontre avec le directeur, veillée

Correction :

Résumé du chapitre 1 : un travail tout-à-fait satisfaisant. Quelques corrections : "Monsieur" en abréviation française s'écrit "M.", "Mr" est un anglicisme et cela le reste même si cela devient une habitude dans la langue ! Ensuite, on dira Meursault et non M. Meursault, tout comme Pérez.

Etude du temps : Sans doute ce que je demandais n'était-il pas assez explicite. Dès lors, votre travail en vaut un autre. Simplement, pourquoi avoir arrêté votre découpage du chapitre I à un moment de la veillée ? Pourquoi ne pas aller au bout du chapitre ? Ensuite selon quelle logique et quel but avez-vous découpé ainsi votre chapitre ?

On pourrait étudier le temps qui s'écoule selon plusieurs paramètres me semble-t-il :

  1. Aujourd'hui : temps de départ du récit [ nous sommes en réalité le jeudi]
  2. Deux heures de l'après-midi (autobus; arrivée prévue dans l'après-midi) : cet horaire est attesté au § 2 ( "je prendrai l'autobus à deux heures") et repris § 3 ("j'ai pris l'autobus à deux heures").
  3. Le soir était tombé brusquement. Très vite, la nuit s'était épaissie au-dessus de la verrière. (Pendant la veillée)
  4. Je crois que j'ai somnolé un peu.
  5. Peu après, une des femmes s'est mise à pleurer [ § 16 après l'entrée des amis de la mère de Meursault]. La femme pleurait toujours. Après un long moment.
  6. Nous sommes restés un long moment ainsi. [§ 17]
  7. Ensuite, je ne sais plus. La nuit a passé [ § 18] [ Le vendredi commence]
  8. Quand je suis sorti, le jour était complètement levé [ § 19]
  9. Il m'a prévenu qu'il faudrait au moins trois quarts d'heure de marche pour aller à l'église qui est au village même[§ 22]
  10. Je ne sais pas pourquoi nous avons attendu assez longtemps avant de nous mettre en marche

 Je reçois juste à l'instant le travail de Vanessa qui a fait ce que j'étais en train de préparer avec ma décomposition du ch.1.

  • Travail de Vanessa

¤résumé:

Meursault reçoit un télégramme de l'asile où vivait sa mère, lui annonçant qu'elle vient de décéder. Il doit s'absenter de son travail et faire une longue route pour aller l'enterrer à Marengo, là où elle résidait. Il prend le bus, qui le conduit à l'asile, où il s'entretient avec le directeur. Il passe la nuit à veiller sa mère dans la petite morgue, en compagnie du concierge de l'asile, et des pensionnaires. Au matin, il entame la procession funèbre le menant à l'église, avec le personnel religieux, le directeur, une infirmière, et Perez -un vieillard ami de la défunte-. Le chapitre s'achève sur une description de l'enterrement et sur la joie de Meursault à son retour à Alger.

¤Décomposition du chapitre en fonction du temps qui s'écoule:

~ matinée: reception du télégrammee

~ 2 heures: départ en bus pour Marengo

~ milieu d'après midi : arrivée à l'asile, rencontre avec le directeur et le concierge.

~ fin d'après-midi: Meursault est dans la petite morgue pour veiller sa mère, avec le concierge.

~ début de soirée: arrivée des amis de la mère.

~ milieu de nuit: veille de Meursault, entrecoupée d'endormissements

~ début de journée: réveil, toilette chez le concierge, dicussion avec le directeur.

~ quelques heures plus tard: départ de la procession pour le cimetière [ et non cimmetierre].

~ 10h du matin: enterrement [ et non enterremment] de la mère.

~ quelques heures plus tard: arrivée à Alger

¤ Etude des personnages principaux du chapitre:

Meursault:

Meursault est un personnage semblant s'être toujours désinteressé de sa mère: il la place dans un asile, ne lui rends jamais(ou très peu) visite, et ne parait rien éprouver à l'annonce de sa mort. Le plus frappant est qu'il n'émet ni pleurs, ni tristesse, à aucun moment du chapitre.

Le directeur de l'asile

C'est un "petit vieux" d'après Meursault, avec la légion d'honneur. Il a les yeux clairs. Il parait ému du décès de la mère (il serre longuement la main du fils) et est courtois. Il accompagne la marche funèbre. "Il marchait avec beaucoup de dignité"

Le concierge

Il a les yeux bleus, un teint rouge, une moustache blanche. Il a 64 ans et est bavard ; il n'hésite pas à veiller toute la nuit avec Meursault et les autres pensionnaire. Il ne se considère pas comme l'un des leurs, même s'il a presque leur age.(1)

Pérez

C'est un ami intime de la mère de Meursault, on les appellait "les fiancés" Il apparait très ébranlé par la mort de son amie, au point que son medecin lui a decommandé la veillée. Lors de l'enterrement, il n'arrive pas à suivre le cortège et s'évanouit lors de la mise en terre.("un pantin disloqué" selon Meursault)

¤ Qu'est ce qui gêne Meursault tout au long du chapitre ?

D'après moi, ce qui le gêne tout au long du chapitre est d'être constamment avec quelqu'un. Je pense qu'il y a deux possibilités:

Ou il est trop fier pour se laissser aller aux larmes devant un étranger, et il regrette de ne pouvoir le faire, ou il a honte de ne pas être triste, et il est gêné du regard des autres.

Il paraît également très sensible à la lumière et à la chaleur, dans la morgue, mais surtout le jour de l'enterrement.(2)

¤ Etude d'un passage:

1)introduction du passage

2)proposer 2 axes de lecture methodique, les developper.

{N'ayant pas travaillé les axes de lecture avec mon professeur, j'ignore de quoi il s'agit et la manière dont je dois procéder. Pourriez vous me faire un petit topo explicatif ?}

(1) Avez-vous lu la Peste ? Si tel est le cas, vous vous apercevrez que Camus cherche dans la Peste à montrer que personne ne se sent concerné par les problèmes des autres. Exemple Rambert, qui lorsque la peste se déclenche à Oran considère qu'il n'est pas d'Oran, qu'il est d'ailleurs et donc veut rejoindre ceux auxquels il appartient. Cela signifie pour Camus que nous appartenons tous au monde de l'homme, même si nous ne nous sentons pas concerné. Avoir conscience de cette appartenance est une chose, mais, ce n'est pas parce que nous ne nous sentons pas concernés que nous ne le sommes pas. Le gardien croit s'exclure des pensionnaires alors qu'il est l'un deux en sursis : ce n'est qu'une question de temps et de prise de conscience.

L'autre question majeure, est : par quoi sommes-nous concernés ?

(2) Très juste. Une étude un peu plus fine pourrait permettre de s'apercevoir de faits inquiétant et intéressants dans la dramatisation du récit

résumé: je n'ai rien de particulier à ajouter !

Décomposition du chapitre en fonction du temps qui s'écoule: D'accord, c'est juste. Il manque ce que nous n'apprendrons qu'au début du chapitre suivant, c'est-à-dire quel jour on est. Par ailleurs, d'autres indices temporels sont interressants - comme ceux de la durée que j'indique dans mon commentaire au travail de Jessica, ou ceux du temps des verbes utilisés-

étude des personnages principaux du chapitre: cette étude est juste, mais quelle est son utilité ? Parce que je l'ai demandée ? Mais pourquoi demande-t-on d'étudier les personnages d'un roman ?

Qu'est ce qui gêne Meursault tout au long du chapitre ? Une réponse qui en vaut une autre méfiez-vous cependant de réponses trop simples sans pour autant les fuir. Par contre si on étudie le ch.1 point par point, on peut voir que Meursault est gêné :

par les efforts à accomplir (l'asile est à 80 km d'Alger) (Meursault dans la dernière année a peu rendu visite à sa mère : "sans compter l'effort pour aller à l'autobue, prendre des tickets et faire deux heures de route")

par les rapports avec son patron (il s'excuse en disant « Ce n'est pas de ma faute » )

par la chaleur, les cahots, l'odeur d'essence, la réverbération de la route (dans l'autobus); par le soleil, l'odeur du cuir et de crottin de la voiture, celle du vernis et celle de l'encens (lors de l'enterrement)

par l'éclat de la lumière sur les murs blancs

par le silence des amis de sa mère qui le regardent à la veillée : " A présent c'était le silence de tous ces gens qui m'était pénible".

par "le soleil débordant qui faisait tressaillir le paysage [et qui ] le rendait inhumain et déprimant"

Il s'agit là de notion définie par Meursault comme gênante, mais d'autres le sont sans être expressément mentionnées comme telles (par exemple, à la mise en terre : "la terre couleur de sang qui roulait sur la bière de maman, la chair blanche des racines qui s'y mêlaient" ; on ne peut pas dire que cette vision,cette sensation soit agréable dans le contexte d'un enterrement.). On à d'ailleurs déjà rencontré cette notion de chair lors du convoi mortuaire : Meursault parle du soleil qui avait fait "éclater le goudron" et juste après il évoque les pieds qui s'enfonçaient dans le goudron et "laissaient ouverte sa pulpe brillante" . En fait, ce goudron est comme un fruit qui éclate au soleil en laissant voir sa pulpe, comme cette terre dont on croit découvrir la chair et le sang.

En dehors de cet aspect frappant du soleil [ il faudrait encore souligner le rapport entre le soleil et le noir : on attendrait plutôt du blanc, non, c'est le noir que l'on souligne et pas seulement parce qu'il s'agit d'un enterrement, mais peut-être parce que la nature est en deuil.On notera par exemple les occurence du mot noir (mais j'y reviendrais lors de l'étude du passage)]. En dehors donc de cet aspect frappant du soleil

Etude d'un passage:

 


LECTURE MÉTHODIQUE :

CAMUS, l'Enterrement

  • Debbie

L'étranger d'Albert Camus

Etude du texte:

  • L'absence de sentiments

A . Une vision d'ensemble bien définie mais un temps relatif

"Autour de moi"=> vision d'ensemble

"A un moment donné"=> idée générale du roman, caractère intemporel de l'action.

"Nous"=<considération des autres

"Perez"=>seule personne nommée

"nous avait rejoints" "Puis nous l'avons perdu"=> 3 pluriels dans le texte donc mise en évidence de la singularité, abondance du pronom Je.

B . Absence de sentiments personnels par rapport à l'enterrement

"Il me semblait" => absence d'opinion définie

"J'étais un peu perdu" =>sensation d'isolement

"Me troublait le regard et les idées"=>sensation de confusion

"fatigue d'une nuit d'insomnie"=>lassitude

"monotonie"=>lassitude par rapport à un paysage qui devient monochrome.

"m'a paru tres loin"=>paraître:incertitude, loin: isolement, détachement

Pas à un moment Meursault ne nous livre ses sentiments par rapport à l'enterrement de sa mère. On a juste une impression de fatigue.

  • Le poids de la lumière

A . Un soleil oppressant et une chaleur insupportable

"la même campagne lumineuse, gorgée de soleil"=> "même" : idée d'habitude ou de lassitude.

"L'éclat du ciel...insoutenable"=>idée de douleur

"Le soleil avait fait éclaté le goudron"=>éclaté:idée de douleur, de déchirement

"cuir bouilli"=>intensité de la chaleur

"ciel bleu et blanc"=>suit perdu donc plutot une idée de reverbération

Le soleil et la chaleur sont source de douleur et contribuent à une sensation de pesanteur et de destruction du paysage

B . Le contraste des couleurs

Soleil: jaune, goudron: noir

"Pulpe brillante" => couleur rouge, idée de chair déchirée

"boue noire"=>goudron transformé en boue par le soleil.

"ciel bleu et blanc"=>opposition avec le noir

Asyndète avec "noir"=>mise en évidence de la couleur du deuil

Si Meursault ne transmet pas ses sentiments par rapport à l'enterrement de sa mère, le paysage le fait pour lui

Un ensemble qui me paraît cohérent. Bon ensemble


DISSERTATION

  • Debbie

DISSERTATION Nº1

Selon Michel Butor, «le romancier [...] nous présente des événements semblables aux événements quotidiens.»

Partagez-vous ce point de vue ? Vous vous appuyerez pour votre réponse sur l'Etranger de Camus, ou, à votre choix, sur Gargantua de Rabelais, Le Noeud de Vipères de Mauriac, Les Faux-Monnayeurs de Gide

 

Selon Michel Butor, le romancier ne fait que transcrire la réalité. On peut se demander si cette définition ne limite pas la fonction du roman . [On peut admette que vous démarriez ainsi, mais en lettres, nous avons des habitudes de souplesse qui font que nous évitons de débuter brutalement sur le sujet. Nous l'amenons]

Il est vrai que certains écrivains ce sont atachés [attachés] à nous montrer la réalité la plus crue et la plus sordide. Cependant, de tout temps, la littérature en général n'a-t-elle pas été le domaine de l'imagination, un moyen d'évasion du quotidien? La litterature pourrait d'ailleurs être considérée comme une production d'utopies, un domaine où l'imagination rend tout possible. [D'accord pour la mise en évidence du paradoxe]

Après avoir montré que le roman peut avoir pour but de montrer ce qui est de la réalité, nous verrons que le roman ne peut pas être ramener [ramené] à cette seule fonction.

 

André Gide, dans "Les Faux-Monnayeurs", définit le roman comme le genre le plus libre de la littérature, ne subissant pas les contraintes d'autres genres littéraires ["Lawless" si mon anglais et mes souvenirs des Faux-Monnayeurs sont bons- A propos, avez-vous lu le Journal des Faux-Monnayeurs de Gide ?]. Malgré cette liberté, le roman reste pour Gide, cramponné à la réalité. On peut alors se demander d'où vient cette volonté de se cramponner à la réalité et surtout de quelle réalité parle-t-on? [Par de point d'interrogation, votre interrogation est indirecte=> "de quelle réalité on parle"]

[Articulation avec ce qui précède ?]Dans le cas d'Emile Zola, le roman prend une orientation scientifique. Le positivisme met en relief la foi des philosophes en la science. Le naturalisme constitue l'application littéraire du positivisme. Le naturalise affirme la volonté de traduire la nature à tavers la littérature, sous forme scientifique. La démarche de Zola vise donc à expliquer les comportements sociaux par l'hérédité. L'écrivain observe alors les reactions et les comportements d'une classe sociale qui constituent les grandes lignes de structure du roman. Une telle étude suppose de ne rien cacher de la nature humaine, mettant ainsi en scène les déviations de la sexualité, le crime, l'alcoolisme, la déchéance, le tout accompagné d'une misère sordide.[Tout ce que vous dites est juste mais comment puis-je le savoir si je ne connais pas Zola ? Vous devez donc faire l'effort de montrer ce qu vous dites, de l'illustrer.] Une telle écriture a rapidement été jugée comme contraire à la morale [Juste encore, mais quel intérêt pour votre démonstration ?]. Mais la réalité, le quotidien dont parle Butor [Ah bon ? Que vient-il faire là soudain ?]n'est pas obligatoirement situé historiquement. Ainsi Camus, dans "L'étranger", ne donne aucune indication d'époque. Il est intemporel dès les premiers mots du roman: "Aujourd'hui", " ou peut-être hier", "celà ne veut rien dire". Meursault, qui n'a même pas de prénom, est anonyme et situé dans un temps ndéfini. La réalité de Camus est celle de la conditon humaine, sa condition métaphysique, c'est-à-dire, sa situation dans le monde face aux autres hommes et à la nécessité de la mort, piège de souffrance et de solitude. C'est la réalité d'un homme que montre Camus [qui est au-delà de la réalité matérielle pour atteindre une sorte d'éternité de l'homme -je fais un quatre mains !]. Balzac voulait "faire concurrence à l'état civil" en décrivant et en classifiant "les espèces sociales". Flaubert imposa la présence de toutes les réalités matérielles avec l'empoisonement de Mme Bovary. Pour Stendhal "le roman est le miroir qu'on promène au bord du chemin", montrant ainsi que le roman est le reflet de la réalité et comme tel. il est basé sur le quotidien, c'est-à-dire, sur des èvenements qui peuvent survenirent dans la vie de tout à chacun. [Utilité de tous vos auteurs, qui s'égrennent ? Rapport avec votre raisonnement ? Reprenez ce que vous dites et réfléchissez à ce que vous vouliez dire, et que vous pensez qu'on doit comprendre dans vos propos. Méfiez-vous : l'implicite est dangereux s'il est mal cadré. De surcroît ce qui me gêne dans votre 1ère partie, c'est qu'on ne sait guère où l'on va. Votre point de départ est clair : de quelle réalité parle-t-on. Puis vous passez à Zola et à ses désirs de dévoiler l'hérédité. Il me semble qu'il fallait clairement indiquer de quelle réalité vous parliez : lorsque vous me dites que "le roman prend une orientation scientifique, il me semble que vous définissez plus la cause de la réalité décrite par Zola que la nature de cette réalité.

Ensuite, vous évoquez la réalité dont parle Butor pour venir à Camus et dire que cette réalité n'est pas située historiquement : je préférerais que vous me disiez clairement dès le début :

Pour Butor, le roman semble s'inspirer du quotidien:

- oui pour Zola puisque Zola nous montre ci et ça

- oui pour Camus puisque l'on découvre ci et ça dans son oeuvre

- et il en est de même pour Stendhal et quelques autres que vous citez.

Cependant dire cela n'explique pas pourquoi ce quotidien est présent. Dire en effet qu'il est présent pour Zola par souci scientifique, ou chez Camus par souci philosophique et humanisme, chez Stendhal par souci de réalisme, ne suffit pas. Oui pourquoi, en général le roman décalque-t-il la réalité ? Ceci posé, votre développement aurait au moins dû continuer de la manière suivante par rapport à ce que vous avez écrit et par rapport au schéma argumentatif que j'ai évoqué au paragraphe précédent ("oui ...., oui ... , oui ...")]

 Néanmoins, ce quotidien n'est pas uniforme :

- Chez Zola, ce réalisme a pour fonction de mettre en évidence une vision scientique de l'évolution de l'homme, à travers l'hérédité; et cela conduit Zola à mettre en évidence un monde souvent sordide qui apparaît à la longue comme immoral.

- Chez Camus, le réel n'est ni un réel historique, ni un réel quotidien puisqu'il s'agit de mettre en évidence l'abstraction qu'est la vie de l'homme. Ainsi Meursault n'est guère situé dans le temps, il "flotte" pour pouvoir mieux nous faire comprendre qu'il s'agit d'une interprétation valable pour nous tous, quel que soit l'époque à laquelle nous vivons.

- Quant à Stendhal, il semble être le seul à vouloir réellement copier la réalité en parlant du roman comme d'un miroir qu'on promène le long d'un chemin.

Le roman présentant des évènements semblables aux évènements quotidiens a principalement pour fonction la connaissance de l'homme [Inacceptable :vous laissez entendre que seul le roman qui présente des événements quotidiens aurait pour fonction la connaissance de l'homme. Trouvez-moi un roman qui n'aurait pas cette fonction et je vous offre mon poids de cacahouètes]. Flaubert et Balzac feront de la réalité un reflet de l'histoire sans pour autant se limiter à une "simple photographie banale de la vie , mais en nous donnant une vision plus complète, plus ravissante et plus probante que la réalité même" (Maupassant). Mais le roman n'est pas seulement quotidien ou réalisme. [Non et non ! Vous vous contentez d'exposer un constat. On attend que vous argumentiez ! Je ne vends pas des pommes de terre que je montre à ma droite et des navets que j'expose à ma gauche. Je réfléchis sur un problème qui est réel. Il ne suffit pas que je dise que le roman fait ceci ou fait cela, il faut que je fasse comprendre pourquoi il le fait : et pour le faire comprendre, je suis obligé de me poser la question de la nature même du roman, et ses origines et de ses buts.]

 

Au-delà du réalisme, dans le cas de Zola, il faut voir qu'effectivement ramener la nature humaine à un simple champ d'expérimentation peut être contesté, on ne peut discuter l'imagination visionnaire de Zola.[1. Votre phrase est obscure : quel rapport entre "ramener... peut-être contesté" et " on ne peut discuter...Zola" ? 2. vous n'expliquez pas pourquoi ramener la nature humaine à un simple champ d'expérimentation est discutable ]. La simple réalité est chez lui élevée au rang de mythe comme l'alambic et l'absinthe dans "L'assommoir", le Voreux dans "Germinal" ou Paris dans "La Curée" [Ah ? comment puis-je le comprendre ? Devrais-je le savoir d'avance ? Alors à quoi sert votre travail s'il ne m'apprend rien ? C'est une question de cours ?]. Ce qui détermine l'oeuvre de Balzac est son style, la qualité de ses descriptions, même si effectivement il a contribué à mieux nous faire connaître les oeurs de son époque [Aucune valeur : tout ceci est gratuit].

Cependant, l'imaginaire, dans le roman, se sert du quotidien. Ainsi Rabelais fait de Gargantua un personnage dont le code de libre arbitre se situe entre vice et vertu. Gargantua est un géant qui va voler les cloches de Notre-Dame pour les mettre au cou de son cheval. Rien de très quotidien dans tout cela., mais le quotidien n'est-ce pas le fait que Rabelais crée un géant qui symbolise l'homme de son temps, sa soif de savoir etc.... [Un propos marmelade ! 1. Quel rapport ce paragraphe entretient-il avec le précédent ? 2. Quel rapport entre l'imaginaire qui se sert du quotidien et la suite qui se conclut par "rien de très quotidien dans tout cela" : cela n'a donc aucun rapport.3. Bien sûr, je vois bien où vous voulez en venir, mais ce n'est pas à moi à deviner vos intentions à partir d'une formulation obscure. 4. Lorsque vous dites que Rabelais crée un géant qui symbolise l'homme, vous l'affirmez, vous ne le montrez pas ...]

Le but du roman de nous faire croire aux personnages[Ah bon, pourquoi ?]. Ainsi chez Proust le quotidien aide à l'évolution psychologique des personnages, et par conséquent les rend crédibles [C'est du chinois- ou si vous préférez-, de l'espagnol pour moi ;-)]. Le quotidien donne donc des bases solides et tangibles au roman, des éléments proches de nous, nous permettant de mieux comprendre les intentions de l'auteur[Et quelles sont-elles ces intentions de l'auteur ? Sur quoi portent-elles ?].

 

Pourtant ramener le roman à la simple relation du quotidien comme le dit Butor, c'est limiter le champ d'exploration du roman[1. Où l'avez-vous montré et expliqué ? Où avez-vous montré que le roman a un champ d'exploration ? et quel ? 2. Vous ne pouvez conclure sur quelque chose que vous n'avez pas montré : la conclusion est une récapitulation du raisonnement développé antérieurement ], c'est lui oter sa fonction d'évasion justement pour échapper au quotidien. Se faisant, ne condamne-t-on tout un genre de romans plus axés sur la fantaisie ?

 Commentaire :

J'espère ne pas avoir été trop brutal dans mes commentaires. Mais je suis vif et c'est peut-être aussi ce qui me permet de garder un certain enthousiasme. Ceci dit, sur le fond, je pense ce que je dis.

Par contre, ce qui n'apparaît pas -parce que ces commentaires sont critiques- c'est que vous avez bien compris le sujet et où il voulait vous conduire. Le problème se situe à plusieurs degré :

- d'abord, vous n'explicitez ce sujet que par bribes d'affirmations , par jet : or une penseé doit se construire pas à pas pour être comprise par celui qui vous lit.

- ensuite parce que vous déroulez votre pensée sans organisation logique -je serais tenté de dire : sans organisation cartésienne-. Nous avons une méthode que se fonde sur le découpage d'une idée en plusieurs petits morceaux qu'il faut étayer les uns après les autres pour pouvoir démontrer complètement cette idée. Cela me pose un problème de fond : faut-il vous laisser votre méthode en sachant qu'elle n'est pas orthodoxe mais qu'elle ne vous empêche pas de penser ? Faut-il vous déformer pour vous obliger à conduire un raisonnement orthodoxe, mais au risque de tarir votre pensée, dont la vivacité et la spontanéité font toute la richesse ?

  • Jessica

 

  • Vanessa

Dissertation 1

Selon Michel Butor, "le romancier nous présente des évènements semblables aux évènements quotidiens". Partagez vous ce point de vue ? Vous vous appuirez pour votre réponse sur l'Etranger de Camus, ou, à votre choix, sur Gargantua de Rabelais, Le noeud de vipères de Mauriac, les faux monayeurs de Gide

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Michel Butor exprime l'idée selon laquelle "le romancier présente des éléments semblables aux évènements quotidiens." [Mise en route trop brutale. Prenez le temps d'amener votre sujet]. Le romancier témoigne donc [Comment pouvez-vous déjà conclure ?]de son époque, en relatant des faits, ou du moins il s'en inspire inconsciemment. Mais cela est-il toujours le cas dans les romans ? Il existe probablement des exceptions à la règle dictée par Butor.

Nous étudierons ces thèses en deux paragraphes distincts[Personnellement, je ne vois pas l'intérêt de cett remarque].

J'ai pensé prendre comme support, pour défendre la thèse énoncée par Butor, Gargantua de Rabelais. Ce roman, publié au XVIe siècle, a fait beaucoup parler de lui à cette époque. La raison est simple: il relatait les événements quotidiens de son temps. Les vices étaient nombreux au XVIe siècle et inspiraient largement Rabelais, mais aussi Montaigne, Ronsard, du Bellay. Ces livres témoignent véritablement de l'ambiance et des faits de l'époque. Ainsi, Rabelais s'adresse d'emblée, dans son prologue, aux buveurs très illlustres et vérolés très précieux[Vous voulez dire que Rabelais ne pouvait avoir d'autre lecteur que ceux-ci ? Parce que toute la France était constituée de buveurs illustres et de vérolés très précieux ? Ou bien voulez-vous dire que Rabelais voulait soigner le mal de son temps : l'alcoolisme et la vérole ?].Tout au long de son livre apparait la notion de maladie, des corps comme des âmes, qu'il veut guérir grace au rire. Sa philosophie humaniste, en quelque sorte. On apprend, même si le sens est caché par l'ironie, que les gens de son époque souffrait de beaucoup de maux comme l'hypocrisie, l'ignorance, la boisson....;[C'est un peu confus, et cela ne peut être sur le même plan] Molière a repris ces thèmes, Villon aussi. Molière, qui parlait de l'Eglise, des faux dévots, des cocus et des hypocrites, fut écarté par le Roi et le Clergé; mais que dire de Rabelais, qui dut publier ses livres sous un anagramme et se protéger de toute part.[Vos propos soulèvent un paradoxe : si ces faits étaient avérés, quotidiens, pourquoi, lorsqu'on les révélait,fallait-il se cacher et craindre des rétorsions ?] Ses romans génaient et faisaient grincer les dents. Ceci est bien le meilleur exemple de l'affirmation de Butor: les romanciers s'inspirent des faits quotidiens.

Mais qu'est ce qu'un romancier, un roman, précisement ? Le dictionnairre Larousse indique qu'il s'agit "d'une oeuvre d'imagination en prose dont l'interêt est la narration d'aventure [...]" Rien de bien réel, donc, ni d'autentique. Cette définition pourrait nous permettre de nuancer l'affirmation de Butor: Le narrateur ne se réfère pas forcement à des évènements propres à son milieu ou à son temps, quotidiens. Puisqu'un roman a à sa base l'imagination, l'auteur peut inventer, rajouter, affabuler à sa guise. D'ailleurs, Butor le dit lui même dans ses Essais sur le Roman: "ce que nous raconte le romancier est invérifiable, et par conséquent, ce qu'il nous en dit doit suffire à lui donner cette apparence de réalité"

 

Le mot roman ou romancier est donc bien trop vaste pour pouvoir le classer dans le registre des faits quotidiens. Néanmoins, si l'on prends le temps de se pencher sur chaque roman, on découvrira dans la plupart un témoignage véritable de l'époque.[Et ben ! Vous êtes déjà fatigué que vous terminiez votre travail en queue de poisson ?]

 

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  • CORRIGE