SEMAINE 2.

 

XVII° siècle

 

Le XVII ème siècle

Le XVII ème siècle, est le siècle du mercantilisme (1). En France, cette politique économique s'oriente principalement vers l'augmentation de la richesse du pays. Cette augmentation ne peut être réalisée que si la France développe son industrie, desserrant ainsi sa contrainte extérieure. Un rigoureux protectionnisme est mis en place avec des droits de douane très élevés. Développant son industrie, la France doit également développer son réseau de comunications à l'intérieur du pays. D'autre part, la colonisation bat son plein.. L'Etat est tout puissant, et Sully, Laffemas, Richelieu et Colbert, sont les hommes de fer de ce siècle. En parallèle, les politiques agricoles se développent aussi avec ce fameux adage de Sully "labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France". Les paysans se sentent davantage défendus. C'est l'époque où Henri IV voulait que toutes les familles puissent le dimanche mettre la poule au pot. Colbert, quant à lui, s'intéressa principalement au développement de l'industrie. Les manufactures se multiplient. Pourtant la politique de Colbert finit par échouer. Trop couteuse, cette politque était principalement financée par l'impôt du petit peuple puisque les riches étaient exonérés en partie.

Dès 1660, la France décide de contribuer au développement de la physique et des mathématiques. Descartes, Pascal sont à la base de la recherche scientifique (2). Naît à cette époque l'idée de l'honnête homme. L'honnête homme est l'homme cultivé et qui fait usage de la raison. Malherbe et Vaugelas pose les bases définitives de la langue française ainsi que de a grammaire. En 1635, Richelieu fonde l'Académie Française qui ne cessera dès lors son activité "litteraire" avec la rédaction du dictionnaire (3).

La littérature se décompose maintenant de façon claire autour des différents genres: poésie, prose, comédie et tragédie. Cette séparation des genres devient rigoureuse au point de créer les règles de bienséance (Les trois unités, temps, lieu et action) (4).

Le XVII ème est aussi le siècle de nombreux chefs-d'oeuvre: "Le Cid" de Corneille, "Les provinciales" de Pascal, "Le Discours de la Méthode" de Descartes entre autres.

Il ne faut pas oublier que dès 1661 on entre dans l'époque du roi-soleil, Louis XIV. Ce roi, quelque peu mégalomane, contribua très largement au développement des arts en France, avec la construction de Versailles, les représentations de Molière, les sculptures de Girardon et les peintures de Le Brun.

(1) En effet , mais ce mercantilisme est-il véritablement accepté par les classes dominantes ? La noblesse a du mal à accepter cette domination de la bourgeoisie et fait semblant -du moins à travers l'image qu'en donne la littérature- de mépriser l'argent et le pouvoir qu'il procure.

(2) Pascal est l'inventure des probabilités, c'est aussi lui qui démontre l'existence de la pression atmosphérique et qui est le premier inventeur d'une machine à calculer pour laquelle il obtient un privilège du roi et qui sera contrefaite -déjà !-. C'est à propos de cette machine que Pascal indique que plus on veut faire une machine simple à utiliser, plus il faut de complication d'inventions et de calculs. Ce n'est pas l'époque actuelle qui le démentirait !...

(3) On peut opposer sur le plan de la langue le XVI ème siècle, siècle d'invention et de prolifération de la langue au XVIIème siècle, où l'on cherche à codifier la langue et où, en fait, naît l'idée d'une codification de l'écriture des mots et des genres. De là l'orthographe d'amour masculin au singulier et féminin au pluriel.

(4) Disons que la critique littéraire qui se fonde en tant que genre littéraire cherche à définir des critères du Beau. Elle en vient dès lors à s'appuyer sur certains goûts de l'époque, où de classes sociales de l'époque pour fonder les règles de ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas être fait en matière littéraire. Ne pas oublier aussi que le théâtre est un lieu de parole - surtout le théâtre tragique- et que cette parole apparaît comme l'élément artistique par excellence au détriment de l'action en elle-même qu'on sait par ailleurs rendre vive, pleine de rebondissements dans la comédie.

 

Un début : la signature de l'édit de Nantes :

Le XVIIème siècle naît quelques années avant 1600 .Lorsque, le 13 avril 1598, le roi de France, Henri IV,signe l'édit de Nantes, il fait entrer le pays dans une ère nouvelle . Cette loi accorde aux protestants la liberté de célébrer leur culte ,leur donne le statut de Français à part entière .Elle met ainsi un terme aux guerres de religion, à cette atroce guerre civile qui, de 1562 à 1598, avait opposé les protestants aux catholiques .Une nouvelle époque semble alors s'ouvrir : apparemment, la haine cède à la tolérance ; la croyance en une vérité religieuse absolue fait place à la reconnaissance de la diversité de pensée ; après de nombreuses années d'anarchie, le roi établit et même renforce son autorité (1).

Une fin :la mort de Louis XIV :

De même, la fin effective du XVIIème siècle ne se situe pas en 1700 . Elle a lieu en 1715 et coïncide avec la mort de Louis XIV .L'achèvement de ce règne qui a marqué de son empreinte toute cette période est comme le point d'aboutissement d'une longue marche .Les frontières de la France sont délimitées de façon presque définitive .L'unité du pays est assurée autour de la puissance royale . Dans le domaine artistique, c'est le triomphe de la raison, de la modération, de l'harmonie, de la rigueur, de ce qu'on appelle le classicisme .

Mais cette évolution ne va pas sans mutilation .Elle se fait au détriment de la liberté de pensée :la révocation de l'édit de Nantes, qui intervient en 1685, sonne, en particulier, le glas de la tolérance religieuse . Parallèlement, l'édifice de la monarchie absolue construit par louis XIV se lézarde, tandis que les valeurs classiques commencent à être contestées .Cette remise en cause est encore timide, mais la Révolution de 1789 pointe déjà à l'horizon .

Un parcours en quatre étapes :

Ce parcours, qui conduit de 1598 à 1715, comporte quatre grandes étapes .

De 1598 à 1630, à la fin du règne d'Henri IV (1598-1610), puis sous la régence de Marie de Médicis et durant la première partie de règne de Louis XIII ( 1610-1630), c'est le temps de l'instabilité .La remise en ordre du pays est longue et difficile .Le conflit religieux, qui continue à couver sous la cendre, est sans cesse prêt à se rallumer .C'est là une situation propice à l'épanouissement du baroque, au triomphe d'une littérature marquée pas la démesure, à l'écoute de la diversité de la vie, telle que la pratiquent Théophile de Viau(1590-1626) ou les romanciers Honoré d'Urfé(1567-1625)et Charles Sorel (1602-1674).

Les années 1630-1661, à la fin du règne de Louis XIII(1630-1643) et sous le règne d'Anne d'Autriche (1643-1661),voient la persistance des troubles . Mais, à partir de 1630, grâce à la consolidation du pouvoir du ministre Richelieu, la situation, malgré de nombreux soubresauts, commence à se rétablir, l'autorité de l'Etat tend à s'affirmer .

Après la mort de Richelieu, en 1642, son action sera poursuivie par Mazarin .Durant cette période contrastée, le baroque continue à exercer son emprise sur la littérature, notamment par le biais de la préciosité et du burlesque . Mais une aspiration à la raison et une recherche de la perfection cautionnée par la vérité, qui étaient déjà sensibles chez François de Malherbe (1555-1628), se développent, en particulier, dans les oeuvres de René Descartes (1596-1650), de Blaise Pascal (1623-1662) et de Pierre Corneille(1606-1684) .

De 1661 à 1685, se construit la monarchie absolue . Louis XIV, après la mort de Mazarin (1661), gouverne par lui-même et élabore un système fondé sur l'ordre et la concentration des pouvoirs .C'est alors que fleurit toute une génération d'écrivains -Molière (1622-1673) ;Jean Racine (1639-1699) ;Madame de La Fayette (1643-1693) ;Nicolas Boileau (1636-1711)-reposant sur des règles précises de construction . C'est le triomphe des normes, l'affirmation de ce qu'on appelle le classicisme .De 1685 à 1715, Louis XIV consolide son édifice .Mais il n'évite pas la rigidité .Elle apparaît, dès le début de la période, avec la révocation de l'édit de Nantes . Elle marque la fin de ce long règne, qui s'achève dans la sclérose . Dans le domaine littéraire, les solutions classiques commencent, elles aussi, à s'user .Le roman, la poésie et le théâtre sont en crise .Mais certains écrivains essaient de faire souffler un vent nouveau :le romancier Robert Challe (1658-1720) remet en cause l'écriture romanesque traditionnelle, tandis que Jean de La Bruyère (1645-1696), Pierre Bayle (1647-1706) ou Fontenelle (1657-1757) soulignent la nécéssité de réformes politiques et sociales :le XVIIIème se prépare .

(1) Grâce notamment à la création d'une administration

D'accord pour le tableau.

Le 17e siècle : étude

Le 17e siècle en France est pour tous un Grand Siècle, le siècle du Roi Soleil.

La France doit sa gloire à plusieurs facteurs : ses ambitions politiques et économiques, son rayonnement européen, ses découvertes scientifiques, son épanouissement artistique et littéraire.....

 

On assiste au cours de ce siècle au renforcement de la monarchie absolue : d'après la théorie du Droit divin, dévelopée par Bossuet, le pouvoir émane de Dieu.

Le souverain a donc le droit de légiférer et de gouverner sans rendre de compte à personne. Cela s'affirme sous la Fronde (double révolte du parlement, puis des princes) mécontents d'une telle concentration de pouvoir par Mazarin.

Le règne de Louis XIV annonce le triomphe de l'absolutisme et la ruine des ambitions parlementaires, dans une société hiérarchisée en 3 ordres (noblesse, clergé, tiers état)

Le roi s'entoure de ministres bourgeois : Colbert se voit confier l'administration du royaume et il instaure un système, le Colbertisme, fondé sur la réglementation des métiers et le développement des manufactures. (cela pour développer la grandeur intrinsèque du pays)

L'immense masse des paysans vit le plus souvent dans la pauvreté (leur seule ressource, l'agriculture, étant à la merci des guerres, du climat et de la pression fiscale).

Quelques écrivains comme la Bruyère ou Fénélon se font l'écho des pauvres, que les ordres religieux cherchent à soulager : création des Filles de la charité, par exemple.

La condition des femmes évolue un peu : on se préoccupe peu à peu de leur éducation et des salon précieux voient le jour. Madame de Maintenon fait paraître Entretiens sur l'éducation des filles.

Durant ce siècle, la France doit faire face à plusieurs conflits armés, avec l'Espagne notamment.

D'abord la Guerre de Trente Ans,puis la Guerre de Hollande, la Guerre de Dévolution.

Ces guerres agrandissent le Royaume (Flandre, franche Conté) mais laissent le pays exsangue .

Les conflits religieux occupent aussi la monarchie française ; ainsi Louis XIV révoque l'édit de Nantes en 1685. Le Jansénisme inquiète également l'Etat et L'église.

Mais ce qui marque véritablement ce siècle, c'est le rayonnement des Beaux Arts et la Richesse de la vie Littéraire. L'architecture recherche pureté, régularité et proportion à l'imitation de l'Antiquité ;

On construit beaucoup, notamment le château de Versailles . En musique, Lully est le directeur de l'académie royale de musique : il compose la musique des pièces de Molière et créé le genre de la tragédie en musique.* En littérature, si le début du siècle subit l'influence du style baroque, le style classique s'épanouit bientôt.

Des idées nouvelles vont bientôt annoncer l'esprit des Lumières.

On s'essaie à toutes sortes de composition, mais c'est véritablement le théâtre qui domine, avec Molière, Racine et Corneille. La vie littéraire est indissociable de la vie sociale : les salons mondains influencent la production littéraire et les débats.

La fin du siècle voit la querelle des Anciens et des Modernes. Ces derniers, tels Perrault, vantent les sciences le progrès, alors que les anciens, comme la Fontaine ou Racine, veulent l'imitation des auteurs antiques.

 

L'image éblouissante du « Grand règne » ne doit cependant pas faire oublier les défaites, les zones d'ombres et les crises qu'a vécue la France.

D'accord aussi pour ce panorama

LE JANSENISME par Debbie

 

Le jansénisme est un mouvement de réforme dans la religion catholique. L'évêque d'Ypres Jansénius est le fondateur de ce courant religieux qui va considérablement se développer au XVII ème siècle.

Le jansénisme est principalement basé sur:

1. Une très grande rigueur morale

2. Une révision de la grâce divine, avec la prédestination

3. Une mystique du coeur "le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas"

4. Seule l'écriture sainte a de la valeur

La révision de la grâce divine, son attribution selon les jansénistes a été condamnée car elle voulait que le Christ ne soit mort que pour quelques hommes (les élus prédestinés) et que le reste de l'humanité soit damnée.

 


PASCAL

 

La vision tragique de Pascal (1) est la révélation d'une fatalité qui pèse sur le destin de l'homme: l'abandon de Dieu à cause du péché originel. Le tragique n'existe que dans une perspective chrétienne(2). C'est un état de dualité pour l'homme qui doit prendre conscience de sa misère et de l'abandon de Dieu. Pascal s'inquiète car l'homme méprise la religion et ne recherche pas la vérité de l'âme. La cécité de l'homme va jusque ne pas (3) voir la profondeur de ses propres ténèbres. Le temps de la vie humaine n'est rien face à l'éternité (4). Le but de Pascal est de nous pousser à la réflexion, de nous obliger à penser à notre propre mort, à la préparer par une recherche sincère du Dieu caché afin d'éviter une éternité de misère. La vision tragique de Pascal passe par la religion et la recherche du Salut.(5)

Dans cette perspective nous tenterons d'analyser les thèmes de la misère et de l'absence de fondement des jugements de l'homme face à la grandeur et à l'incompréhension de cet être humain.

Dans "Les Pensées", Pascal dresse donc un tableau tragique de l'homme: l'homme est misérable et ignore Dieu et parce qu'il ignore Dieu il vit dans la misère (6). On a l'impression de tourner en rond. Pascal compare l'homme à un faible roseau, mais à un roseau pensant. Par cette pensée l'homme pourrait être la force de l'univers, mais, elle est si mal et si peu utilisée qu'elle s'annule, elle est vaine. Elle est vaine puisque l'homme ne voit pas la tragédie de sa propre vie.

Selon les Ecritures Saintes, Dieu a fait l'homme à son image. Inévitable conséquence, l'homme se croit Dieu et renie son créateur. Il oublie ainsi que le premier homme, Adam, fut déchu de son état de grâce et tomba dans la misère entraînant toute l'humanité avec lui.

Pour Pascal, janséniste, l'homme est prédestiné et seuls certains sont les élus de Dieu. La prédestination serait l'intention de Dieu quand il a fixé le destin des hommes. Certaines créatures seraient élues pour être conduites au Salut par sa seule grâce: aide divine rendant l'homme d'accomplir la volonté de Dieu et de parvenir ainsi au Salut; tous les autres hommes sont condamnés à la damnation éternelle. L'homme, prédestiné dès sa naissance, ne sait pas s'il est élu ou condamné et Pascal nous dit qu'il faut absolument prendre conscience de notre condition et rechercher le Salut pour avoir une chance de figurer au nombre des élus (7). Mais l'homme est vaniteux et lâche. Il refuse de penser à la mort et ne veut pas voir que sa vie ne constitue qu'un infime moment de l'éternité. Penser à la mort, porterait l'homme à reconnaître sa petitesse, sa bassesse. Pascal veut donc qu'il prenne conscience de la tragédie qu'est une vie sans Dieu. Mais l'homme ne pense pas en ce sens. Il refuse de voir, de regarder et donc de comprendre le malheur qu'est une vie dans l'ignorance de ce qui devrait constituer son but, Dieu. Cette ignorance est, pour Pascal, monstrueuse, elle est une insulte à l'égard du créateur. Sans Dieu, le Bien n'existe pas. Malgré cela l'homme vit sans connaître ni chercher son créateur, et, l'éloignement de Dieu est cause de misère.

L'homme cherche ses commodités et en cela il excelle. Il veut avoir ou être le meilleur et ce parce qu'il est sans scrupule et ne croit pas au mal. Le sentiment du tragique n'effleure pas l'homme et Pascal s'inquiete. Comment l'homme pourra-t-il franchir ce passage angoissant de la mort s'il refuse de s'y préparer? L'homme meurt seul. Autrui qu'il a tant recherché toute sa vie, ne peut pas l'aider. L'homme est un tout et quand il meurt, ce tout disparaît avec lui. Comment fera-t-il pour affronter ensuite une éternité de misère? Pourtant, il aura eu toute sa vie pour préparer cet instant. Le tragique est à cet égard dans le cas du vieillissement, l'ensemble des circonstances qui mettent l'homme brusquement en situation sénile: c'est l'accélération du temps; le tragique se concentre alors en quelques jours et l'homme ressent la profondeur de son désespoir, preuve de son néant intérieur.

L'homme doit apprendre à écouter son coeur, à ne pas se fier à la raison et à défier de cette ennemie qu'est l'imagination . En effet, la raison est un tyran et elle n'a que peu de valeur à cause de son manque d'objectivité. Dieu est, pour Pascal, sensible à notre coeur, pas à notre raison. Quant à l'imaginaton, elle pervertit l'homme, elle l'induit en erreur, elle est décevante et source de mensonges et elle est plus forte que la raison.

L'homme est aussi orgueilleux et cet orgueil provient de sa vanité. Il veut être admiré, reconnu par ses sembables et il cherche la gloire pour passer à la postérité afin que le tout qu'il constitue ne disparaisse pas complètement à sa mort. Il veut la gloire dans la misère car il ne cherche pas à s'élever, il est sans mérite. L'homme vit perpétuellement dans l'illusion et l'ignorance est son bastion. Il se repose de façon insensée sur cette ignorance en voulant toujours laisser la raison ou l'imagination prmer sur le coeur. Mais l'homme doit considérer la mort comme le prélude d'une nouvelle vie, la vie éternelle. C'est par le coeur qu'l connaîtra Dieu.

Des milliers d'années ne changent rien à cette forme d'existence insipide. L'humanité pour Pascal constitue une succession de zéros. L'homme est un monstre de bassesse et de médiocrité et pourtant de cette misère même il tire sa grandeur. Il est donc un être incompréhensible puisqu'il dispose théoriquement de tout mais il est pratiquement incapable de rechercher la vérité.

L'homme a adopté l'animal et va jusqu'à se soumettre à lui, à l'adorer. Il devrait portant faire la différence entre sa pensée et l'absence de celle-ci chez l'animal. Ainsi, l'homme qui ne pense pas est une brute et peut être mis au rang animal. L'homme a besoin d'autrui car il est son reflet, mais, il vit dans un besoin constant d'indépendance, et, pour oublier sa misère, il a crée les divertissements: moyens d'échapper à la réflexion sur sa condition. Si on lui enlève l'action de sa vie, incapable de combler le manque qui se crée en lui, il s'ennuie. Il sent alors l'étendue de son néant, sa dépendance, le vide intérieur qui l'habite. Viennent alors le désespoir, le chagrin, la tristesse et pour certains le remords d'avoir si mal utilisé leur vie. Pour Pascal, qui ne pense pas à sa propre mort, se divertit. Le divertssement est une frivolité coupable, une fuite face à notre tragédie intérieure. Le divertissement détourne vers les choses extérieures, pour ne pas voir l'abîme, pour échapper au vertige et à l'ennui à l'angoisse et au désespoir; l'homme se voile la face et se distrait avec des futilités mondaines et des passe-temps tumultuaires qui emplissent l'intervalle. Gaiement il s'étourdit dans des agitations superficielles et artificielles. Il s'empêche ainsi de penser à ce qui n'est que trop évident: son vide, son lamentable néant et la fin inévitable qui le guette. Pour Pascal il faut renoncer à tout plaisir. Il insiste d'ailleurs sur le fait que les divertissements sont dangereux pour la vie chrétienne, et le plus dangereux est la comédie en tant que représentation plaisante des passions.

Malgré cette peinture bien sombre de l'homme, Pascal reconnaît que l'homme est cependant un être digne, et, cette dignité lui vient du fait qu'il vive en se sachant voué à la mort. Il faut donc, pour Pascal, travailler à penser la mort, et c'est le principe même de la morale chrétienne. La pensée de l'homme fait sa grandeur. Par celle-ci il peut se transformer et se rapprocher de Dieu. Par la pensée, l'homme peut se sentir encore plus malheureux puisque seul il se dépossède du seul lien qui existe entre son créateur et lui. Pascal insiste sur l'immensité du tragique qu'il porte en lui, car ainsi, s'il le ressent, de misérable il devient grand. L'homme est donc misérable parce qu'il ignore Dieu, mais il est également grand s'il cherche le Salut. L'homme doit prendre conscience de sa condition et il doit également savoir qu'il porte en lui la capacité, par la pensée, de connaître la vérité de l'âme et d'être heureux. Pour trouver cette vérité l'homme devra se dégager des passions qui l'aveuglent. Il existe donc un moyen pour sortir des ténèbres. La religion chrétienne peut aider l'homme car elle paraît mieux fondée que les autres religions.

 

L'homme doit faire du pardon(8) le travail de sa vie. Son but doit être de chercher la vérité de son âme, de découvrir Dieu. L'homme ne porte en lui qu'orgueil, misères, faiblesses et erreurs et seul le Rédempteur peut, par la grâce, le sauver. L'homme doit se rapprocher de Dieu et attendre la mort en paix avec l'espérance d'être un jour éternellement uni à son createur; le dernier bonheur éant de le connaître avec certitude. Il faut cependant dit Pascal vivre dans la joie ou dans les maux que Dieu donne et que, par l'exemple du Christ, l'homme peut souffrir.

(1) Qu'est-ce qui vous permet de parler de vision tragique de Pascal ? Où la voit-on ?
(2) En général ou pour Pascal ?
(3) Charabia !
(4) Je ne vois aucune logique dans tout le passage qui précède. On dirait que vous juxtaposez des idées indépendantes sans lien entre elles : intérêt ?
(5) Vous ne le montrez pas
(6) Je ne vois rien de tragique. Tout au plus dramatique, poignant.
(7) Comprenez-vous maintenant Le Noeud de Vipères ?
(8) Pardon ? Quel pardon ?
 
Bilan rapide : un travail qui reste intéressant parce qu'il dit des choses justes sur un sujet difficile. Mais vous parlez du tragique de l'homme pour Pascal que vous n'arrivez pas à définir. Vous dites que le tragique c'est telle et telle chose, mais on ne voit pas comment la conjonction de ces deux choses est tragique. Par contre, peu à peu , vous finissez par trouver votre voie et votre travail a plus de sens : celui de montrer comment Pascal s'appuie sur le tragique pour ramener l'homme à Dieu.

CAMUS

1ère Partie Chapitres 2 à 6

 

2-Chapitre II à IV

*Les personnages apparaissant dans les chapitres II à IV sont les suivants :

*L'histoire la plus importante est celle de Raymond et de la femme arabe ,car c'est une histoire horrible. (certes, mais est-ce un critère pour justifier de la valeur d'un épisode ? Vous pourriez dire à la rigueur que c'est l'histoire la plus importante, puisque c'est elle qui va entraîner le meurtre de l'Arabe par Meursault. Vous pourriez dire éventuellement aussi que c'est une histoire qui témoigne d'un classement des valeurs selon deux modes : bien/mal; et que Meursault ne semble pas vouloir entrer dans ces valeurs et donc cette histoire révèle un caractère de Meursault.

*Le roman semble changer de rythme et de direction à partir du deuxième chapitre .En effet ,c'est à partir de ce moment que le personnage principal rencontre Marie ,que Raymond parle de la femme arabe ,et que Meursault rencontre Salamano et son chien .Il se fait de nouveaux amis . (oui. C'est tout de même curieux que jusque-là il est vécu sans faire la connaissance de ses voisins et soudain, d'un coup, il rencontre 3 personnes à la fois avec lesquelles il lie des liens relativement forts.)

*Le chapitre II sert à présenter les nouveaux personnages ,et l'intérêt que porte Meursault à ceux-ci .

*Le chapitre V nous démontre la tristesse de Salamano pour son chien ,l'indifférence de Meursault face à son mariage avec Marie ,et la peur de Raymond avec le groupe d'arabes .(Certes, mais cela n'en montre pas l'intérêt. Manifestement, on avance dans la connaissance de Meursault et dans sa vie : d'une part, il ne tient pas à "bouger", d'autre part sa situation actuel semble le satisfaire. Ensuite, il semble se faire un ami de Salamano . Or il est curieux de noter que juste avant que ce dernier ne lui serre la main, il lui disait à propos de sa mère :"(...) et à l'asile, du moins, on se fait des camarades" : c'est bien aussi ce que se fait Meursault avec Salamano et Raymond. Parallèlement, le chapitre V prépare la journée du dimanche et l'enchaînement des événements.)

*Les jours de la semaine évoqués dans les chapitres II à IV sont les suivants :

Bizarre ! Vous voulez dire que samedi correspond au chapitre II, dimanche au ch. III etc.. ? Je ne comprends guère et je ne retrouve pas le texte !

Tous les jours de la semaine ne sont pas évoqués .Par ailleurs ,l'auteur met ceux-ci en évidence grâce à des noms tels que « hier » , « aujourd'hui » , et « demain » .

Et alors ?

*Au début des chapitres II ,III , IV , (Monsieur) Meursault parle de son travail et de son patron .

*Meursault : Il semble aussi indifférent des [construction incorrecte] histoires qui l'entourent que par [construction incorrecte] la mort de sa mère (voir chapitre I ) .En effet ,il ne sait pas s[i] ' il aime Marie ,il ne sait pas vraiment si Raymond est un ami ...

Salamano : Cet homme ne peut vivre sans son chien .A force de vivre avec ce dernier ,il lui ressemble . Il semble n'avoir personne d'autres .En revanche ,il est toujours en colère contre lui , ce qui nous fait penser que cet homme est sévère .Mais lorsque son chien part ,Salamano pleure ,et dévoile ainsi un autre trait de son caractère .

Raymond : C'est un homme qui ne se gêne pas pour frapper les femmes et répondre aux agents . Comme si cela lui était indifférent .

 

3-Chapitre VI .Le meurtre

 

*Nous sommes, dans ce chapitre, un dimanche .

* Cette journée aurait dû être merveilleuse pour chacun des personnages .

* Le début de cette journée se passe très bien .en revanche ,cela se dégrade lorsque Masson ,Raymond et Meursault se battent contre les arabes .De même ,cette journée devient et se termine par affreusement (sens ?),quand Meursault tue l'arabe .

 Un ensemble satisfaisant; mais vous n'essayez pas assez à mon goût d'interprêtrer ce que vous remarquez, ce que vous relevez. Cela viendra peu à peu. Continuez !

 

-"Alors il m'a déclaré que, justement, il voulait me demander un conseil au sujet de cette affaire.[...]Je n'ai rien dit et il m'a demandé encore si je voulais être son copain."-

Raymond lui confie ses disputes avec son amie arabe (1), en lui demandant des conseils et il lui parle de son frère avec qui il s'était battu. Raymond voulait punir la fille, et lorqu'elle fut chez lui et qu'il voulut la battre, on appella un agent.

Meursault témoigna alors pour défendre son ami au commissariat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre VI: le meurtre

 

 

 

 

(1) Appelons un chat un chat ! Dire que c'est l'amie de Raymond, c'est cacher pudiquement qu'il s'agit d'une femme que Sintès veut prostituer.

(2) Quelle révélation ! ;o))) Y a-t-il de quoi s'extasier ? L'intérêt n'est-il pas ailleurs ? L'absence de repères temporels ne nous montre-t-il pas la dimension limitée de Meursault : la vie s'écoule pour lui dans une seule épaisseur. Mais que représente le temps pour nous ? Que représente aussi le samedi et le dimanche pour Meursault. Reprenez la Peste de Camus . Vous verrez qu'il y dit, par la voix du narrateur Rieux, juste après la présentation de la ville d'Oran, que ses concitoyens dépensaient le samedi et le dimanche l'argent qu'ils gagnaient dans la semaine. La répétition de cette idée, d'un livre à l'autre laisse entrevoir qu'il ne s'agit pas d'un aspect superficiel et secondaire pour Camus. Cherchez-moi la symbolique du samedi et du dimanche.

(3) Il me semble que le travail ou l'articulation travail/repos est une occurence notable dans le début de ces chapitres

(4) Pourtant... cherchez bien ! La course derrière le camion, l'eau quand il se lave les mains, quand il se baigne avec Marie...

Bilan d'ensemble satisfaisant. Vous verrez plus en détail ce que l'on peut dégager dans la correction que je fais des questions

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ETUDE DE TEXTE

Phèdre Acte V scène 6

Tirade de Théramène

 

Phèdre, épouse de Thésée, aime Hippolyte, fils de Thésée (d'un premier mariage) qui lui est l'amant d'Aricie. Tout le monde croit que Thésée est mort, et l'annonce de son retour précipite l'action et nous amène vers le denouement. Phèdre rejette la faute [quelle faute ?] sur Hippolyte et Thésée le maudit. La tirade de l'acte 5, scène 6, est le récit fait par le gouverneur de la mort d'Hippolyte[Ah bon ? Parce qu'il va de soit qu'Hippolyte meure ?].

I. La tirade de Théramène

La tirade est une longue réplique à un destinataire. Dans la tirade de Théramène, l'interlocuteur est Thésée. On le voit au vers 48 "excusez ma douleur" qui suppose qu'il s'adresse à quelqu'un, et "Seigneur" "votre malheureux fils", vers 50 qui implique Thésée. Il s'agit d'un texte narratif à la tonalité héroïque.

La tirade est caractérisée par un minimum de 20 à 30 vers. Celle de Théramène en fait 74. Sa longueur est proportionnée aux enjeux psychologiques et dramaturgiques en présence. Sa fonction est d'informer car Théramène rapporte des évènements dont la bienséance exige qu'ils ne se passent pas sur scène [voir ce que j'ai dit en correction du XVIIème siècle sur la bienséance ] (mort et violence). La tirade prend une forme narrative [justifiez] et se confond avec le récit. Elle peut aussi être considérée comme une justification dramaturgique [en quoi ?]. Cette tirade fait appel à l'imagination du spectateur. C'est la force des mots, des images, la puissance d'évocation, la précision, qui confèrent à la tirade le pouvoir de dépasser scène et décor pour donner au spectateur la possibilité de recréer lieux et actions.[tout à fait d'accord]

Le discours de Théramène débute par la présentation du héros, silencieux et fier dans son malheur "sa triste pensée" vers 9, présentant un ensemble de personnes bien ordonné respectant et partageant la peine du héros "affligés" vers 2, "Imitaient son silence" vers 3 [Intérêt ?]

II. La mort du héros

. Théramène dresse le portait du héros de l'Antiquité dans toute sa splendeur, tout contribue à sa grandeur dans cette première presentation: le silence, les chevaux "superbes coursiers", vers6, les villes grecques traversées "Trezène" vers 1, "Mycènes" vers 4. Le monstre surgit du fond des flots (vers 10) renforce le merveilleux de la scène racontée. Il est hideux, il terrifie, mais plus il est laid plus Hippolyte est beau, plus il fait peur, plus courageux apparait Hippolyte.

Alors que tous ont peur (vers 28) au point de ne pouvoir feindre, Hippolyte, fidèle à son image de héros continue à faire face. "Lui seul" au vers 30, met son courage en évidence. L'emphase utilisée par Théramène "digne fils d'un héros" vers 30, montre la logique du comportement d'Hippolyte qui va livrer combat. Il n'attend pas d'être attaqué, il attaque (vers 32). Les "superbes coursiers" "plein d'une ardeur si noble" fuient (vers 39). Hippolyte est "intrépide" car face à l'inégalité du combat, il continue avec un corps sanguinolant. Au moment de sa mort, située près des "tombeaux antiques", qui semble un signe destin quant l'innocence d'Hippolyte, sa préoccupation est d'affirmer encore une fois cette innocence et de plaindre son père qui est trompé par Phèdre. Mais Hippolyte ne demande pas justice mais clémence montrant ainsi l'ampleur de son héroisme, de sa grandeur jusque dans sa mort. Théramène utilise des métaphores (vers 16/17), des personnifications (vers 18) et des redondances dans le seul but de mettre en avant le courage d'Hippolyte et sa mort tragique.

 Ce dernier paragraphe paraît bien confus. Ceci dit vos propos sont justes et votre analyse est pertinente. Elle pourrait simplement l'être plus.

 

¤ Plan du discours de Théramene

1)récit

-->Description (morale) d'Hippolyte sortant de Trezène pour aller sur le chemin de Mycène.

-->Elément perturbateur: le cri "trouble le repos"

-->Description de la bête

-->Bravoure d'Hippolyte qui défit le monstre

-->Chute d'Hippolyte annoncant son décès.

2)discours

-->pleurs de Théramène, excuses au père

-->dernières paroles d'Hippolyte rapportées.

¤ Marques du discours

-->discours direct: paroles de Théramene"excusez ma douleur"

-->discours indirect[non, ce n'est pas un discours indirect]:paroles d'Hippolyte rapportées:

-le ciel, dit il, m'arrache une innocente vie.

¤ Marques du récit

-->présent de narration pour rendre le recit plus vivant[tout le temps ?]

¤ Dimension merveilleuse:

- présence d'adjectifs: "superbe,noble,effroyable,furieux,impétueux"

de métaphore [où sont-elles ?]:"la terre s'en emeut, l'air en est infecté"; "Hippolyte voit voler en éclats tout son char fracassé"

-présence des dieux

-présences d'animaux mythologiques [où ?]

-confrontation discours/recit pour enjoliver le caractère merveilleux.

¤ La construction du mythe d'un héros

-on le fait resortir comme le seul apte à sauver le peuple.

Pour cela, -->exageration de l'importance du monstre (adjectifs choisis intentionnellement: furieux, menaçant, jaunissant, impétueux, indomptable,)

-->panique des gens comme de la nature: "l'onde approche, se brise, vomit", "des coursiers attentifs le crin s'est hérissé" "tout fuit, et sans s'armer d'un courage inutile, chacun cherche un asile" (autant dire que le combat était perdu d'avance !)

Néanmoins, "Hippolyte lui seul" (donc l'exceptionnalité, qui plus est est le fils d'un héros) saisit ses javelot et pousse le [au] monstre.

Il lui fera une large blessure. Sa mort est due à ses chevaux qui sont couverts "de feu, de sang et de fumée" par le monstre; ils sont "pris de fureur et sourd à cette fois, ne connaissent plus ni le frein ni la voix" Un dieu les pique même avec un aiguillon. Hippolyte est trainé par les chevaux "que sa main a nourris" On insiste sur ses bonnes paroles pour son père et "sa chère Aricie", et sur sa mort affreuse (son corps est défiguré, même son père ne le reconnaitrait pas)

¤ Effets stylistiques

-rimes embrassées, alexandrins.

-metaphore: "la terre s'en emeut, l'air en est infecté"

-rejets: Il était sur son char. Ses gardes affligés

Imitaient son silence, autour de lui rangés;

Commentaire : un ensemble parfois un peu limité ou qui a parfois tendance à "raconter" plus qu'à organiser la lecture de l'oeuvre, mais ce que vous dites est juste.

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BUZZATI : LE DESERT DES TARTARES

 

Pour rédiger ce travail je me suis aidée d'un manuel scolaire italien intitulé "Noi e gli altri" et du livre de Jankélevitch "La Mort".

I. L'histoire

Le roman de Dino Buzzati "Le Désert des Tartares" publié en 1940, oblige le lecteur à refléchir sur le temps. En effet, la fuite du temps conditionne la vie des personnages et leur destinée. La fuite du temps montre que l'existence devient de plus en plus précaire face à une vie mourante dès la naissance. La destination de l'homme est sa condition et se décompose en trois facteurs: la pensée, le vouloir et les sensations.

Dans ce roman, ce qui m'a semblé le plus important est donc: la fuite du temps et la condition humaine vues par Buzzati ainsi que son procédé littéraire puisque c'est un roman où il ne se passe absolument rien.

Le lieu et l'époque de ce roman ne sont mentionnés que très vaguement et en fait celà n'a pas d'importance. "Le Désert des Tartares", tout comme "L'étranger", présente l'homme dans sa dimension universelle, le lieu et l'époque n'ont donc qu'une importance très relative. "Le Désert des Tartares" est un roman basé sur la fuite du temps et l'immobilisme. Ce livre, composé de trente chapitres, s'étend sur trente ans. Ces années passent de façon irrégulière. Ainsi, durant les huit premiers chapitres, ne s'écoulent que quatre mois. Giovanni Drogo, jeune lieutenant,à peine nommé, part pour sa première affectation.. Il sait qu'il abandonne son enfance, sa mère, ce qui lui procure une certaine amertume. Il est au début d'une nouvelle vie mais les regrets l'assaillent déjà et il a l'impression d'aller à l'encontre de son destin, au devant d'évènements irrévocables.

Le chemin qui le mène à Fort Bastiani apparaît comme décourageant, et donne à Drogo une forte sensation de danger. Il rencontre sur la route le capitaine Ortiz qui est au fort depuis dix-huit ans. Drogo rêvait d'un fort grandiose, immense, un lieu où il aurait su mettre sa valeur en évidence, un lieu qui aurait eu des distractions à proximité où il aurait su se créer de nouvelles amitiés. Mais, Fort Bastiani n'est qu'un bout de frontière morte, un fort de deuxième catégorie, une bâtisse vieille et sans attrait avec le désert pour horizon.

Alors qu'il aurait pu repartir, Drogo décide de rester quatre mois, afin de ne pas porter préudice à sa carrière. Il apprend la vie du fort et prend conscience petit-à-petit de la folie des différents soldats du fort. Ils sont tous en attente d'un destin héroïque. Ils sont tous pareils: ils arrivent au fort et y restent toute leur vie en attente de leur destin. Tous les soldats vivent dans une espèce de torpeur et ils idéalisent Fort Bastiani.

Au chapitre neuf, Drogo prend la décision de rester à Fort Bastiani car il est fasciné par le lieu. Cela ressemble à un vertige, à l'attraction du vide. Drogo fait une descrption sordide de la ville et est désormais, lui aussi, en attente de son destin. Les menues habitudes de tous les jours l'enchaînent au fort: le service, les parties d'échec, etc...

La vie Drogo s'enlise petit-à-petit dans la monotonie. Il en perd la noton du temps, les journées se ressemblent toutes, ce qui masque le passage du temps.

L'épisode de la mort du soldat Lazzari est douloureux (je ne vais pas tout raconter) mais réveille l'âme guerrière des soldats. Le moindre mouvement à l'horizon ravive leur envie de gloire mais le fort reste dans un immuable isolement. La mort d'Angustina est une autre mort, mais c'est une mort glorieuse parce qu'il meurt en service, c'est un "héros".

Cela fait maintenant quatre ans que Drogo appartient au fort. Il pousse cependant son ami le captaine Ortiz à partir mais ne croit pas lui-même à ses paroles. Au chapitre dix-huit, Drogo prend deux mois de permission mais il est déçu par la ville et il ressent une sorte de tristesse désabusée. Le temps l'a divisé et il n'a plu que des souvenirs qui ne correspondent plus à aucune realité. Après avoir parlé avec le général de division, Drogo rentre au fort pensant que dans un an ou deux il sera muté. Il est encore jeune. L'hiver s'approche de nouveau et avec lui les angoisses. Drogo est encore convaincu d'avoir le temps même s'il sait que sa jeunesse est révolue. Le temps s'enfuit à un rythme lent mais continu et avec lui les espoirs de gloire de Drogo.

Le 7 juillet, une lumière indique que des travaux logtemps cachés ont beaucoup avancé. La guerre serait-elle imminente? La route en construction est à moins d'un kiomètre du fort. Ortiz est maintenant le nouveau commandant. Quinze années se sont écoulées et le fort n'a pas changé. Au chapitre vingt-cinq, Drogo décide d'écourter sa permission car il n'a plus de vie en dehors du fort. Tous ses liens avec le monde extérieur sont coupés. L'angoisse monte. Drogo a quarante-ans. Dix ans plus tard,un jour sur sa route, Drogo rencontre un jeune lieutenant, Moro, et il reconnait dans les angoisses de Moro le début de sa propre histoire. Malgré l'immobilisme permanent du fort, Drogo garde l'espoir qu'il se passe quelque chose. Ortiz part à la retraite et c'est l'adieu de deux amis. Drogo a mantenant cinquante-quatre ans et il attend encore. C'est l'attente du grand évènement de sa vie, la guerre contre les Tartares, doublée de l'attente de la nouvelle garnison.

Drogo est malade mais il refuse de quitter le fort car il a le pressentiment qu'il n'y revendrait pas. Au printemps, l'ennemi tant attendu, attaque. Drogo tente de reprendre sa place mais il s'évanouit. Il doit partir. Après de brefs adieux à Moro, il quitte Fort Bastiani en larmes. Il a attendu toute sa vie, plus de trente ans pour rien. Il passe la nuit dans une petite auberge. Drogo, seul au monde, se sent envahir par une tristesse infinie et insoutenable. Il n'a plus de raison d'espérer, il n'a plus d'espoir. L'idée de la mort naît en lui. La fuite du temps est arrêtée. Drogo sait qu'il va finalement livrer bataille, une bataille capable de justifier sa vie. Il meurt avec dignité, en souriant à cette mort qui est entrée dans sa chambre.

 

II. La domination de la solitude et l'acceptation de la mort

Pour définir la solitude, Buzzati crée un sentiment de solitude universelle. Drogo et les autres soldats vivent dans un état d'abandon du reste du monde: le colonel qui est en ville ne s'occupe pas d'eux. La recherche de l'héroïsme comporte une composante tragique: l'abdication de l'être. Les soldats doivent résister à ce charme étrange que dégage le fort. L'hybride qui se crée entre la volonté d'héroisme et le désespoir conduit certains à la mort comme Angustina..

L'espoir de chaque homme est une possible bataille. Cet espoir leur permet de croire encore en leurs capacités. Etant tous soldats, ils appartiennent à "l'aristocratie militaire" mais, au lieu d'être des privilégiés, ils sont isolés, oubliés. Leur garde est dégradante et cela justifie l'installation d'un sentiment de dégradation. Ce n'est pas par hasard que Buzzati a choisi le milieu militaire. C'est normalement un milieu actif habitué aux sensations fortes, aux décisions rapides avec souvent la gloire au bout du chemin. A Fort Bastiani, les évènements sont presqu'inexistants et leurs cours sont moins importants que la façon dont chacun vit leur absence. L'importance du grade, le sens du devoir, la gloire, se battre, le passage à la postérité, tout leur a été oté. Le rythme de leur vie est scandé par la monotonie de leurs actes. Ils sont infiniment seuls. La solitude devient pourtant paradoxalement un moyen d'évasion, un refuge comme pour Angustina. La solitude n'est pas un sentiment inné des peronnages, mais, elle naît de l'expérience des personnages. Elle permet aussi la liberté par l'acceptation de la mort C'est une double acceptation, celle de la solitude et celle de la mort. Ce que montre Buzzati, c'est que l'homme ne pense pas le temps car il est indéfinissable, au même titre qu'il ne pense pas la mort pour la même raison. L'homme pense à des contenus temporels et la mort existe dans ces contenus. La mort, présente dans une bonne partie du roman, symbolise la précarité de la vie.

III. La fuite du temps

Dans ce roman, le credo de Buzzati est la fuite du temps. Elle est obsédante et est opposée à la routine et à l'inaction qui entraînent l'ennui. La fuite du temps est accentuée face à l'immobilisme de Fort Bastiani. Elle est l'écoulement des jours, la mesure des trente années passées, de l'usure du temps et de l'érosion qu'elle provoque chez les hommes. Il faudrait toujours avoir à l'esprit cette mesure du temps, mais face à l'image éthérée du fort, les soldats ne peuvent pas le faire. Le fort se situe dans l'intemporel et les hommes ne se rendent compte que par moment du passage du temps: par exemple, lorsque Drogo se croit encore jeune mais se rend compte que ce n'est plus vrai car il ne peut plus grimper les escaliers deux par deux. Les évènements ne sont là que pour souligner ce passage inexorable du temps. Le fort est une figure emblématique d'éternité et sa nature est étrangère au temps. La mort semble la seule issue, la seule issue possible. Les différentes phases que traversent les personnages portent de façon presque normale à la mort montrant ainsi que la vie est toujours mourante. Drogo et les autres apparaissent, presque dès le début du roman, comme des condamnés en sursis. Tous les soldats vivent en attente de l'extraordinaire, mais cette attente implique que les jours passent et que les soldats vieillissent. Pourtant, il y a celui qui n'a pas voulu attendre et refuse de se dégrader moralement, Angustina. Il meurt de froid, paisible. Le froid qui l'engourdit semble paralyser le temps.

Les soldats sont maintenant vieux, le matériel est en mauvais état, l'ensemble apparaît un peu délabré, même les émotions se sont taries. Le temps corrompt tout. Drogo décline et il meurt seul et loin du fort.

 

Personnellement j'ai beaucoup aimé ce roman étrange, qui ressemble, à mon avis, à un essai philosophique. L'homme doit accepter lucidement sa triste réalité, se savoir voué à la mort. Le désert de Buzzati est la figuration du néant. Pour autant, le salut pour Buzzati se fait sur la terre et pour ce faire, il faut donner un sens à sa vie.

 Un bon travail auquel je n'ai rien à ajouter. On pourrait souligner la comparaison faite avec l'Etranger de Camus en montrant comment les deux oeuvres partent de constats identiques mais aboutissent à des conclusions différentes parce que le temps qui passe chez Camus n'est pas dramatique en soi, ce qui est dramatique c'est de ne pas profiter de la vie, de lui tourner le dos quand elle est si belle et si courte.

 

COMMENTAIRE COMPOSE

 

 

Dans Un marais au crépuscule, extrait de Sur l'eau, nouvelle écrite en 1888 par l'écrivain Guy de Maupassant (1850-1893), l'auteur nous décrit la mysticité d'un marais .Il évoque le marais dans la réalité, puis, progressivement, la transformation en un monde féerique, qui aboutit ensuite au symbole de la naissance de la vie .(1)

 

L'écrivain nous montre une (la) réalité banale d'un coucher de soleil sur un marais car « à l'heure où le soleil se couche, le marais » l'enivre et l'affole (2) .Par ailleurs, il utilise une succession d'adjectifs montrant l'apathie du marais, lorsque « le jour le grand étang silencieux » est « assoupi sous la chaleur » .Aussi se délecte t-il à utiliser la métaphore, par le mot miroir, lorsque « dans son miroir calme et démesuré tombent les nuées, les nuées d'or, les nuées de sang, les nuées de feu (...) » .Par ailleurs, l'accumulation de nom nuée (sens ?) exprime ici la grandeur du marais .En effet les nuées sont tout d'abord « d'or », un métal assez précieux et beau, tandis que les nuées sont finalement « de feu », ce qui est dangereux, maléfique...De même, l'auteur nous montre un aspect plutôt simple du marais à travers les phrases suivantes : « cette mince flaque d'eau », « un peu d'eau », et « étang » . Aussi (3) évoque t - il la faune et la flore lorsqu'il nous présente « les herbes pointues » et les « vols d'oiseaux ».

 

L'auteur décrit une transformation entre le jour et la nuit grâce au verbe devenir ;car le marais « devient au moment du crépuscule, un pays féerique et surnaturel » .La beauté du marais est évoquée par la succession tels que « (...) charmante, diverse et grisante, nous apparaît délicieusement finie, admirablement éclatante, infiniment nuancée(...) » .Par ailleurs, le marais ne semble avoir aucun défaut, il contient de même toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : « Tous les rouges, tous les roses, tous les jaunes, tous les bleus, tous les verts, tous les violets sont là (...) ».En effet, dans ce passage, nous pouvons déceler l'accumulation de l'adjectif indéfini tout .De même, l'auteur exprime ses sentiments exaltés envers la beauté du marais grâce à l'utilisation de la première personne du singulier : « J'y sens (...) m'enivre et m'affole ».

 

Nous pouvons remarquer que ce marais, la nuit, ne manque de rien (4) .L'accumulation de l'adjectif indéfini tout nous le confirme . « Tout le ciel, tout l'espace, tout le rêve ».Par ailleurs, la succession de ces noms nous envoie vers un monde féerique . Cependant le marais dégage une « révélation confuse d'un mystère inconnaissable ».De même, le mystère se trouve aussi dans la phrase suivante : « le souffle originel de la vie primitive », qui est supposé être la naissance de la vie, « qui était peut-être une bulle de gaz sortie d'un marécage à la tombée du jour », qui informe une certaine supposition (5) quand à l'arrivée de la vie .

 

Pour conclure, nous pouvons affirmer que ce court extrait exprime avec force le mystère du marais et donc celui de la naissance de la vie .Le marais apparaît bien, ici, comme la métaphore d'une quête de l'imaginaire .(6)

 (1) Soignez un peu plus votre introduction de l'oeuvre !

(2) Rapport avec la banalité ? Idem pour la phrase suivante !

(3) "Aussi évoque-t-il " signifie "en conséquence il évoque" et non, comme vous le pensez sans doute "il évoque aussi (= en plus)"

(4) Maladroit ! Il vaut mieux évoquer le fait que le marais devient un lieu de convergence de l'universel.

(5) qui informe une certaine supposition = charabia !

(6) Avant de glisser vers des ouvertures, faites le bilan de votre étude : 1) le point de départ : une réalité; 2) la métamorphose de cette réalité; 3) le sens de cette métamorphose qui permet à l'auteur de faire comprendre que ce marais symbolise l'origine de la vie et son mystère.

 Un travail sur la bonne voie mais qui reste malhabile et qui manque souvent de cohérence. Vous annoncez un thème et la phrase suivant parle d'une notion dont le rapport avec le thème d'ensemble n'a rien d'évident. Il faudrait alors établir un raisonnement qui permette de créer ce rapport. C'est dire que votre devoir n'est pas assez construit, pas assez pensé.

 

Guy de Maupassant est un météorite dans l'histoire de la littérature française, à cause de la briéveté de sa vie, mais c'est aussi une masse de livres publiés en dix ans (27).

Le texte qui nous est présenté est extrait de "Sur l'eau" publié en 1888. "Sur l'eau" est un récit de voyages. Cet extrait est daté du 12 Avril et narre une promenade aux alentours de Saint-Tropez.(1)

Ce récit narre la description d'un étang qui, au crépuscule, devient un marais. Maupassant y met en relief ce qui est en train de devenir la vie nocturne, qu'il connait bien, mais, malgré les correspondances et l'aspect magique du texte, une certaine amertume semble se dégagée[er] de cette métamorphose.

 

La scène se déroule au crépuscule, ni jour ni nuit, ce qui donne donc des visions en demi-teintes ou rien n'est vraiment réel mais ou rien n'est vraiment faux non plus: "au moment du crépuscule".

L'etang est personnalisé [impropre : "personnifié" ] par "silencieux, assoupi sous la chaleur" et il se transforme à une heure indéfinie.. L'étang est inerte, plongé dans la torpeur jusqu'au crépuscule où il se métamorphose en un marais magique: "Après avoir été tout le jour le grand étang silencieux, assoupi sous la chaleur, il devient, " un pays féerique et surnaturel."(2)

La métamorphose est mise en évidence par un élargissement de l'espace par "démesurée" et par l'asyndète des nuées (3), qui renforcent cette idée d'espace grandissant: " les nuées d'or"; "l'air immense", "tout le ciel, tout l'espace, tout le rêve" renforcent encore cette idée d'espace illimité. Pourtant il ne s'agit que d'un marais, mais, celui-ci renferme le monde et tous ses camaîeux: "Toute la couleur donnée au monde", "délicieusement finie, admirablement éclatante, infiniment nuancée". Cette asyndète basée sur les adverbes, met en évidence le nénuphar. C'est une des caractéristiques de Maupassant, de toujours mettre le lecteur en situation d'attente de ce qui suit.(4)

La magie naît des couleurs: "nuées d'or", "Tous les rouges, tous les roses, tous les jaunes, tous les bleux, tous les verts, tous les violets sont là", créant un important champ lexical de couleurs rappelant les foulards de couleur du magicien(5). La magie crée aussi l'ivresse avec une connotation de sensualité: "m'enivre et m'affole", "grisante".(6)

 

L'étang devient le marais et réveille une vie latente au mlieu des couleurs flamboyantes du coucher de soleil. Mais, le marais n'est qu'une flaque d'eau qui donne naissance à la vie, mais avec lequel, Maupassant crée aussi une sensation de malaise.(7)

 

Cette sensation de malaise nait de la relativisation systématique de l'auteur. Ainsi le marais est un "miroir calme" mais "démesuré" où les nuées qui sont d'or deviennent de "sang" et de "feu", c'est-à-dire des nuées d'insectes parasites qui vivent du marais (8). Qui plus est, ces nuées envahissantes meurent dans le marais: "tombent elles y tombent, s'y mouillent, s'y noient, s'y traînent". Ainsi d'une expédition couleur or, sur un marais enivrant, Maupassant donne une vision plus pessimiste puisque ces nuées se noient et se traînent. Le marais enivrant se voit ensuite réduite au rang d'une mince flaque d'eau dans laquelle l'herbe est personnalisée avec "percent, comme des poils", cette image, quelque peu graphique, engendre le malaise dans la féerie du paysage.(9)

Le marais donne la vie à tout un genre de parasites, mais cette vie naît d' "une bulle de gaz" et le marais devient marécage. Ce sont les "miasmes" de Baudelaire, qui malgré l'horreur des auteurs, sont source de vie, d'une vie où cohabitent beauté et laideur, entremêlées.(10)

 

Maupassant, dans ce récit, recrée une ambiance qui, d'enivrante, devient pesante; un lieu qui se métamorphose et passe d'un étang qui semble ennuyeux, à un marais magique autour duquel la vie bouillonne, mais qui, lui ,devient un marécage où la vie cyclique montre son visage le plus sordide(11).

 
 (1) Votre début me plait beaucoup plus mais !... Vous parlez toujours du " texte qui nous est présenté ". Vous pouvez procéder autrement. Vous pourriez par exemple , après avoir évoqué votre première phrase sur Maupassant, introduire l'idée que parmi d'innombrables autres ouvrages, Sur l'eau, retient l'attention; et que tout particulièrement la description qu'il y fait d'un marais mérite d'être étudiée de plus près. En effet : quoi de moins poétique qu'un marais ?....OK ?
(2) Quel rapport entre vos deux phrases ?
(3) Où la voyons-nous ?
(4) Certes, mais cela me fait une belle jambe ! A quoi cela sert-il ? Quel intérêt pour la métamorphose que vous êtes en train de traiter en principe ?
(5) Je veux bien, mais que m'apporte le magicien ? Lorsque j'évoque le creuset, c'est pour préparer l'idée d'alchimie parce que je peux développer une métaphore filée sur ce thème tout au long de mon étude.
(6) Intérêt pour votre thème. Ce n'est qu'une conséquence comme une autre de la magie, non la mise en évidence de la magie en elle-même.
(7) Vous vous embrouillez
(8) Je ne vois pas ce qui fonde ce point de vue, cette interprétation
(9) Pourquoi ? Parce que vous le dites ou parce que vous l'expliquez en précisant en quoi le fait qu'on parle de poils peut créer une impression de malaise ..
(10) Je n'ai rien contre, mais si vous voulez que cela tienne la route, il faut le construire par rapport au texte et non rejeter tout cela sur Baudelaire !
(11) J'ai du mal à trouver ce visage sordide dans ce que vous dites.

 

Approche d'un commentaire composé Baudelaire, Spleen « quand le ciel est bas et lourd » (référence Fiche Lecture méthodique)

 

1) Montrer à l'aide de la construction des phrases et des mots utilisés qu'il y a la montée d'une crise.

-Anaphore avec « Quand », en début de quatrain, qui annonce une accumulation et donc une fin annoncée.

- Il y a, successivement, et dans un ordre croissant :

Un ciel bas et lourd ý Une terre [...] humide ý La pluie

-Dans les trois premiers quatrains (avant le dénouement ), on assiste peu à peu à une vision de cauchemar : la claustrophobie nous saisit. Etudions ce champs lexical :

- Le ciel bas et lourd

- pèse comme un couvercle

- l'horizon embrassant tout le ciel

- cachot humide

- s'en va, battant les murs

- se cognant la tête à des plafonds pourris

Un détail important : la personnification de l'Espérance, de l'Espoir, et de l'Angoisse. Les trois sentiments ( deux objectivement) vont se livrer une bataille sans merci, débouchant sur la victoire de l'Angoisse :

Baudelaire est vaincu !

2) Montrer, ce qui, dans le texte, renvoie au spectacle d'un jour pluvieux, maussade.

Nombreuses figures de style :

- comparaisons : « quand le ciel [...] pèse comme un couvercle »

(ýau sens propre, l'air est « lourd » avant les orages)

-oxymore : « un jour noir (plus triste que les nuits)

(ýobscurité, froid..)

-personnification : « L'Espoir, vaincu, pleure[...] »

(ý la pluie : des larmes ? )

3) Souligner ce qui, dans le texte, exagère les effets normaux d'un jour de pluie pour Baudelaire.

Les deux éléments qui se combattent sont personnifiées, donc.

L'Angoisse est représentée par le « ciel bas et lourd », puis, au fur et à mesure que le malaise monte, par la pluie.

L'Espérance (soit l'esprit, l'âme..) est représentée par une chauve-souris. (animal diurne donc aveugle)

Le combat est perdu d'avance !

Je pense que pour définir cette exagération, il faut étudier les champs lexicaux :

« Un peuple muet d'infâmes araignées » et « de longs corbillards sans tambours ni musiques ý images silencieuses

  • auditives :

« Des cloches [...] un affreux hurlement. »

« [..] pèse comme un couvercle » ý le couvercle d'un tombeau

« de longs corbillards » ý préparation à l'enteremment.

« peuple muet » ý peuple mort

« gémissant, triste, furie, affreux, hurlement, vaincu atroce, despotique etc..., »

On découvre alors que Beaudelaire utilise les craintes réelles de l'homme pour exagérer sa tristesse.

 

L'image finale est la victoire de l'Angoisse : elle plante son drapeau noir (ýsigne de victoire) sur le crâne incliné du poète (ýsigne de mort) Tout cela fait penser à un pirate qui gagne une terre.

Donc, si l'angoisse équivaut un pirate, l'angoisse = cruauté

4) Qu'est ce qu'un poète ? quelle est son occupation ? Qu'est ce qui renvoie à cette explication dans le texte ? Quelle est la conséquence du spleen sur son occupation de poète ?

Un poète tente, à travers ses compositions, de retranscrire le monde tel qu'il le voit. Il veut amener ses lecteurs à rêver sur ce qui les entoure et à le comprendre.

Il retranscrit la réalité d'une façon agréable, en créant des images : il y a par exemple, presque toujours des figures de style dans les poèmes.

Dans le texte, Baudelaire suggère de nombreuses images, des clichés.

Ainsi la terre lui semble être un cachot dont on ne peut s'échapper.

Il arrive également, en prenant comme support les craintes réelles des homme, à leur faire réaliser la violence du Spleen.

Inexorablement, la conséquence du Spleen sur son métier, fait que ces poèmes seront teintés de pessimisme, et son regard sur le monde ne sera plus objectif, mais négatif et défaitiste !

 

5) Commentaire composé :

Dans Spleen « Quand le ciel bas et lourd », le poète Baudelaire décrit une journée pluvieuse et maussade, qui sera transformée en une vision de cauchemar.

Le Spleen, autrement dit l'état d'âme qui s'empare de lui, revêt ici un caractère dramatique.

 

Au départ, nous avons affaire à un journée de pluie :

« Le ciel bas et lourd » suggère l'orage à venir, ou encore « un jour noir » qui représente les nuages obstruant les rayons du soleil.

« La terre est changée en un cachot humide », (ce terme était déjà utilisé par Pascal ou Montaigne, qui parlaient de « petit cachot ») et enfin « la pluie, étalant ses immenses traînées. »

Tout ceci donne une idée de l'atmosphère (humide !)qui règne.

 

Pourtant, cette vision semblant si réaliste se transforme en une vision cauchemardesque :

La pluie n'est plus qu'un façade pour une profonde mélancolie, le Spleen.

Deux sentiments se livrent une bataille sans mercis :

L'Angoisse et L'Espérance.

 

L'Angoisse représentée par :

-Le ciel bas et lourd, qui pèse sur l'esprit.

-L'horizon, qui verse un jour noir plus triste que les nuits.

-La terre, changée en cachot humide.

-La pluie, qui imite les barreaux d'une vaste prison

-D'infâmes araignées qui tendent leurs filets dans nos cerveaux.

 

Quant à l'Espérance, elle est représentée par :

-L'esprit gémissant en proie aux longs ennuis.

-Une chauve souris (aveugle) affublée d'ailes timides

-Des esprits errants et sans patrie

-De longs corbillards sans tambours ni musique.

 

La fin de cette bataille sera la victoire de l'Angoisse, planant son drapeau noir sur le crâne incliné de Baudelaire (signe de soumission).

En donnant à chaque sentiment de si piètres guerriers, Beaudelaire savait le combat perdu d'avance.

 

Qu'est ce que le spleen baudelairien ?

En fait, l'utilisation de ce terme ne lui est pas propre, on la retrouve déjà chez Diderot dans une lettre à Sophie Vollant) [orthographe à vérifier ]

Le spleen désigne une humeur des plus sombre, que l'on croyait sécrétée par la rate.

Cette humeur représentera beaucoup pour Baudelaire, puisqu'il en fera de nombreux poème et qu'il nomme la première partie des fleurs du mal : Spleen et Idéal.

Pour tenter de s'échapper de cet état d'esprit, Baudelaire veut rejoindre l'Idéal mais n'y arrive pas : le Spleen est une chose réelle, l'Idéal non . Quand Baudelaire proposera à son âme, pour soigner le spleen, de s'échapper, elle répondra :

« N'importe où, pourvu que ce soit hors du monde ! »

(et on en revient à la notion de « petit cachot »).