LETTRES ANGEVINES

Yvon JOSEPH-HENRI

 

 

NICOLAS GOGOL

NOUVELLES DE PETERSBOURG

Copyrights©Yvon JOSEPH-HENRI sauf autorisation

 

Les références de pages ou de traduction renvoient à l'édition Garnier Flammarion,
traduction de Boris de Schloezer, présentation de Deborah Lévy-Bertherat
 
[ Résumé et structure du récit : | résumé | Construction du récit ]
[thèmes : | La culpabilité | le ridicule | l'absurde ]
[Les personnages : | Ivan Iakovlévitch | L'assesseur | le commissaire | les femmes | les personnages secondaires]
 
[Le portrait]
 
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LE NEZ

 

I.Résumé et Structure du récit

A. Résumé

 Un récit conçu en deux parties :

1. Le 25 mars, le coiffeur Ivan Iakovlévitch découvre un nez dans le petit pain qu'il s'apprête à manger avec délice en se levant le matin. Sa mère le couvre d'invectives l'accusant d'avoir coupé le nez de quelqu'un et menaçant de le dénoncer tandis qu'il reconnaît dans ce nez celui de l'assesseur de collège Kovaliov. Inquiet, voyant des dangers partout, il va finalement le jeter dans la Néva mais un officier de police avisé a vu son geste et l'interroge sans qu'on puisse véritablement savoir comment l'interrogatoire va se terminer.

2. L'assesseur de collège Koliakov se réveille assez tôt un matin et , sans être encore sorti de son lit, se regardant dans un petit miroir pour enlever un bouton qu'il avait sur le nez, il se rend compte qu'il n'a plus de nez. Il se précipite donc chez le maître de police.

B. Construction du récit

  • Une structure en deux parties dont on a du mal à voir la profonde cohérence logique.
 
  • D'une part, c'est par Ivan Iakovlévitch que l'on découvre le nez et ce nez est reconnu par lui, donc par un tiers ("digne de foi" ?) comme celui de Koliakov. D'autre part, il est vrai aussi que le personnage du coiffeur se retrouve à la fin en train de raser Koliakov et de lui saisir le nez : on a donc une construction circulaire qui place Ivan Iakovlévitch au début et à la fin de la nouvelle.
  • Mais d'un autre côté, cet Ivan Iakovlévitch n'apparaît pas indispensable au premier abord à la compréhension première de la nouvelle. On aurait pu en effet commencer directement par l'assesseur de collège Koliakov et l'histoire aurait été compréhensible.
 

C'est donc que cette structure en deux parties répond à d'autres préoccupations et à d'autres motifs.

 
 
  • Et d'abord, la première partie.
     
    • Un récit qui se construit en apparence de manière classique :
     
    • éléments spatiaux temporels permettant la détermination presque absolue des événements :
      • 25 mars le matin d'assez bonne heure
      • perspective Voznéssensky
    • multiplication des éléments "réalistes" :
      • évocation du souvenir perdu du nom de famille
      • petit déjeuner
      • convenances sociales
      • évocation sous-jacente de la double fonction du barbier : qui coiffe et pratique les saignées...
       
    • Pourtant des éléments apparaissent qui déstabilisent la construction classique de la nouvelle:
     
    • l'inscription en apparence anodine sur l'enseigne ("on saigne aussi")
    • l'incongruité de la découverte d'un nez
    • l'accusation incongrue de sa femme : n'est-ce pas elle qui a cuit les pains ?
    • l'acceptation par Ivan Iakovlévitch de cette accusation comme plausible
    • le sentiment de culpabilité envahissant d'Ivan Iakovlévitch.
    • Même le narrateur s'en mêle : " je me sens quelque peu coupable de n'avoir rien dit de ..". Tout cela pour peu à peu laisser entrevoir une réalité derrière les apparences affirmées qui sera à l'opposé de ces apparences.
     
    • Ainsi on se rendra compte d'un mécanisme d'inversion totale concernant Ivan Iakovlévitch.
     
    • On notera aussi que la "remarque" du narrateur permet d'introduire un délire à partir de l'odeur des mains de Ivan Iakovlévitch.
     
  • La deuxième partie
     
     
     
     
  • Un récit au passé

II. Les thèmes

  • La culpabilité
  • Le ridicule
  • l'absurde

III. Les personnages

A.Ivan Iakovlévitch

Ivan Iakovlévitch est le personnage par lequel commence la nouvelle, c'est aussi celui qui découvre le nez de Koliakov et qui va s'en débarrasser dans la Néva de peur d'être accusé. Mais c'est aussi celui que l'on retrouve à la fin de la nouvelle, en train de raser Koliakov et soudain prenant conscience qu'il ne fallait peut-être pas tenir l'assesseur de collège par le nez comme il en avait l'habitude.

Sa présence, qui effectivement ne semble pas nécessaire à la compréhension de l'histoire si elle avait un sens en tant qu'énigme policière, est cependant indispensable pour comprendre le mécanisme de l'histoire et la méthode de Gogol.

Ivan Iakovlévitch nous est présenté en apparence comme « un homme respectable sous tous les rapports », un « respectable citoyen »:

- Il a en effet le souci des convenances à l'égard de son épouse : il s'habille donc avant de venir à table, il évite de passer pour un glouton et se contentera de pain et non de pain et de café comme il en aurai envie.
- C'est un « honnête artisan russe »
- Il porte un frac
- et comme tout barbier, il pratique les saignées.
- enfin il n'est pas exempt de dimension morale puisqu'il est qualifié de « grand cynique »

B. L'assesseur de collège Koliakov

  • Le grade : distinguer l'assesseur de collège (élevé à ce titre par ses études) et l'assesseur de collège du Caucase
  • Koliakov est assesseur de collège du Caucase, depuis à peine deux ans et il est imbu de son titre. Il se fait appeler «major» .
  • Habitué de la perspective Nevsky qu'il fréquent tous les jours, il arbore une chemise empesée, toujours très propre, des favoris qui se dirigent droit vers le nez et une quantité de breloques de cornaline
  • C'est un personnage ambitieux qui cherche en venant à Pétersbourg à obtenir un poste de vice gouverneur ou de «chef de bureau dans une administration en vue» et le mariage pour lui était un moyen de s'élever par une dot importante.
  • Sans son nez, le major Koliakov se sent vexé...mais au fond tout le nargue :
    • Les événements sont contre lui et l'obligent , sans son nez , à marcher à pied
    • Son nez le nargue est portant un uniforme et un bicorne de conseiller d'Etat, en roulant en calèche
    • Les mendiantes du Gostinny Dvor ont le nez caché par des bandeaux sur le visage
    • Et le nez dissimule son visage ! (« Le nez dissimulait son visage derrière son haut col » p.93)
    • Le laquais qui escorte les deux dames sort une tabatière pour prendre une prise

C. Le commissaire

 

D.Les femmes

 

E.Les personnages secondaires

 

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