LETTRES ANGEVINES
Yvon
JOSEPH-HENRI
NICOLAS GOGOL
NOUVELLES DE PETERSBOURG
Copyrights©Yvon JOSEPH-HENRI sauf
autorisation
- Les références de pages ou de traduction
renvoient à l'édition Garnier Flammarion,
- traduction de Boris de Schloezer, présentation
de Deborah Lévy-Bertherat
-
- [ Résumé et structure du
récit : | résumé | Construction du
récit ]
- [thèmes : | Pétersbourg | Ministère | Sordide ]
- [Les personnages : | Akaky | Le
tailleur | le commissaire | le
haut personnage | la foule des
fonctionnaires]
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sommaire]
LE MANTEAU
I.Résumé et
Structure du récit
A. Résumé
Akaky Akakiévitch Bachmatchkine est un conseiller titulaire
depuis presque la nuit des temps, qui consacre tout son temps,
scrupuleusement, à ses tâches de copie auxquelles il
trouve un plaisir manifeste. Il n'a en effet pas d'autre occupation
et se désintéresse de tout le reste jusqu'au jour
où le froid l'oblige à s'inquiéter de son
manteau délabré.
Grigory Pietrovitch, le tailleur, un ancien serf qui a
épousé une allemande, le persuade qu'il n'a pas d'autre
possibilité que d'investir dans la commande d'un nouveau
manteau tant l'actuel est impossible à réparer.Bien
entendu, cela pose un problème à Akaky : où
trouver tout l'argent que coûte un tel manteau ? Mais, peu
à peu, des perspectives s'entrouvrent et Akaky se met à
fréquenter les magasins avec Petrovitch pour acheter le drap ,
le callicot de la doublure, le chat pour le col en guise de martre.
Finalement, après espoir et attente, Akaky reçoit
son manteau au moment où le froid semble commencer une
réelle offensive. Il part radieux au ministère
où, le bruit du changement se répandant, les uns et les
autres accourent pour découvrir le remplaçant de sa
vieille "robe de chambre" comme on s'était mis à
appeler son ancien manteau usé et décoloré. Pour
fêter l'événement, le sous-chef de bureau propose
une invitation à prendre le thé chez lui, le soir
même. A reculons, parce que c'est lui qui aurait dû faire
l'invitation, Akaky accepte et , de retour chez lui pour dîner,
passe une soirée merveilleuse de bonheur sans copier la
moindre ligne comme il en avait l'habitude.L'heure de la
soirée arrivant, Akaky se rend chez son hôte, se glisse
timidement dans la maison, est aperçu , fêter puis
ignoré au profit des activités habituelles de ces
soirées.
Enfin, il prend congé, moins tôt cependant que ce
qu'il désirait puisqu'il se sentait un peu étranger
à ce type de fête et que minuit était
déjà passé.
De retour chez lui , Akaky est agressé par des hommes
moustachus qui lui volent son manteau. Il se précipite vers la
guérite d'un factionnaire, témoin de la scène
dont il n'avait pas perçu semble-t-il le sens, et qui lui
conseille de porter plainte le lendemain au commissaire du quartier.
Curieusement, ce dernier, semble plutôt mettre en cause Akaky
...auquel on finit par conseiller d'aller voir un "personnage
important". Las, mal reçu par un personnage imbu de son
autorité, non seulement Akaky Akakiévitch ne retrouve
pas son manteau, mais il prend froid et meurt. Il est remplacé
à son poste.
Pourtant, le bruit se met à circuler qu'un fantôme a
fait son apparition à Pétersbourg et qu'à la
recherche de son manteau, il dépouillait les passants de leurs
pelisses, manteaux et peaux. C'est ce fantôme qui semble
s'être attaqué au "personnage important" pour lui
dérober son manteau en guise de représaille pour son
mauvais accueil et son inertie. De cette période date la
disparition du fantôme, bien qu'il puisse semble encore hanter
l'imaginaire terrorisé de plus d'un.
B. Construction du récit
- Un récit qui se déconstruit à la
manière de Diderot (Jacques le Fataliste et son
maître)
- allusion aux normes
|
- destruction des normes
|
|
Il y avait au ministère de....
|
Mais il vaut mieux ne pas nommer ce
ministère
Il y avait donc, dans un certain
ministère, un fonctionnaire, (...)
|
|
|
personnage dont se sont moqués, comme on le
sait, tout leur soûl certains
écrivains(..)
|
|
Son nom de famille était Bachmatchkine. On
voit bien (...)
|
mais où, quand (...) on n'en sait rien.
|
|
Telle fut l'origine du nom(...)Voilà donc
comment les choses se passèrent.
Nous l'avons relaté, afin que le lecteur
pût se convaincre par lui-même que tout
s'enchaîna naturellemnet et qu'il fut vraiment
impossible de lui donner un autre nom.
|
Quand et comment il entra au service et qui l'y fit
entrer, &emdash;personne ne s'en souvient
|
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Les personnages principaux :
Une description mais entachée d'ironie
destructrice
|
- un fonctionnaire pas bien remarquable: petit de
taille, quelque peu roux, quelque peu même
bigle, le front légèrement
dénudé, les joues marquées de
rides et un de ces teints qu'on nomme
"hémorroïdaux".
-
|
|
La généralisation
|
dérision de cette
généralisation
|
- Un procédé : la dérision
- Un procédé du récit : l'anticipation
- "Et maintes fois, plus tard, il constata avec horreur, au
cours de son existence, combien l'homme est cruel et quelle
brutalité méchante recèle, sous le
raffinement de l'éducation, celui-là même,
hélas ! qui paraît aux yeux du monde noble et
honnête...
- un narrateur omniprésent :
- On aurait difficilement trouvé un homme aussi
complètement attaché à son travail
- S'il eût été récompensé
en proportion du zèle qu'il déployait, il aurait
atteint peut-être....
- On ne peut dire pourtant que son zèle n'ait jamais
été remarqué.
- l'antithèse
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une vie étriquée / un travail à
la dimension limitée
|
"Dans ce travail de copie, il entrevoyait tout un
monde, multiple et attrayant"
|
|
un travail modeste
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"Dire qu'il l'accomplissait avec zèle aurait
été insuffisant: non , il l'accomplissait
avec amour."
|
|
|
.
|
II. Les
thèmes
- L'univers de Saint
Pétersbourg
- le climat : " La faute en est au climat
pétersbourgeois" p. 29
- "A l'heure où s'éteint le ciel
gris de Pétersbourg"
- Importance du froid ("de telles chiquenaudes sur tous les
nez", "pince douloureusement le visage", "remplit leurs yeux de
larmes")
- L'univers des ministères
- les ministères, les chancelleries, les
régiments (...) tous les corps administratifs.
- le grade
- un conseiller titulaire perpétuel
- les huissiers (loin de se lever à son
passage, les huissiers ne lui prêtaient pas plus
d'attention qu'à une mouche volant à travers la
chambre)
- les chefs (les chefs le traitaient avec une sorte de
froideur despotique)
- les sous-chefs (un sous-chef de bureau quelconque
lui fourrait sous le nez un papier)
- les jeunes fonctionnaires le raillent ("autant que
le leur permettait l'humour bureaucratique")
- le directeur ("un directeur, homme sensible, qui
voulait récompenser ses longs états de service"
p.32)
- Les distractions :
- "Aux heures mêmes où s'éteint le
ciel gris de Pétersbourg et où la foule des
fonctionnaires, chacun ayant dîné selon ses
moyens et ses goûts, se repose, lorsque tout le monde,
après avoir fait grincer les plumes au
ministère, après avoir couru et
travaillé pour les autres et pour soi et accompli
toute la besogne que s'impose lui-même, de plein
gré et au-delà même de ce qui est
nécessaire, l'homme inquiet, aux heures que les
fonctionnaires s'empressent de consacrer au plaisir (...)"
p.33
- courir les théâtres ou les rues
- poursuivre les "jolies frimousses"
- soirées
- "cour à quelque piquante demoiselle"
- "les plus nombreux se réunissent tout simplement
chez un des leurs"
- jouer au whist en buvat du thé avec des
biscottes
- en fumant
- en racontant des anecdotes sur les personnages de la
haute société.
- Le sordide :
- Les détritus ("Il possédait un art
particulier pour passer sous les fenêtres au moment
précis où l'on jetait toutes sortes de
détritus, et son chapeau était ainsi constamment
garni d'écorces de pastèque, de melon et d'autres
épluchures.")
- Les mouches ("en avalant aussi les mouches et tout ce dont
Dieu, selon l'époque, assaisonnait ses mets")
- Le sordide de la vie d'Akaky : "Laissez-moi ! Pourquoi me
tourmentez-vous ?"
III. Les
personnages
A. Akaky
- Portrait physique
- Un homme petit de taille, roux , au front
légèrement dénudé -mais on parlera
plus loin du petit fonctionnaire au front chauve (p.34)-,
quelque peu bigle, les joues marquées de rides, d'un
teint "hémorroïdal"
- Portrait moral
- un homme "attaché à son travail" (p.32), qui
ne voyait partout "que les lignes nettes de son écriture
égale" (p.33)
- un amoureux des lettres et de l'écriture,
entièrement absorbé par cet univers (il
entrevoyait un monde multiple et attrayant p.32. "En dehors de
cette besogne, rien, semblait-il, n'existait pour lui." p.32.
"Jamais il ne prêta la moindre attention aux
événements quotidiens de la rue" p.33)
B. Le tailleur
- Grigory Pétrovitch , ancien serf, ivrogne, qui
déteste les Allemands à cause de sa femme
- Rusé et de mauvaise humeur lorsqu'il n'est pas
saoûl
- Un gros orteil particulièrement remarquable et
remarqué par Akaky :«et ce qui , tout de suite,
sautait aux yeux, c'était son gros orteil, que connaissait
bien Akaky Akakiévitch, et dont l'ongle
déformé était gros et fort comme une carapace
de tortue.
- Un oeil unique , pour un tailleur ! et le samedi suivant, lors
de la deuxième visite d'Akaky, voilà que
Pétrovitch «louchait très fort». p.40
- Le logis :
- «un escalier couvert de flaques d'eau et de
détritus, dont l'air était saturé de cette
âcre odeur qui pique les yeux » p.36
- un logement enfumé par le poisson rôti
et apparemment rempli de cafards
- L'honneur de Pétrovitch : « Nous tenons à
notre réputation »
C. Le commissaire
D.L'homme
important
E.La foule des
fonctionnaires
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