LETTRES ANGEVINES par Yvon JOSEPH-HENRI
Pour éviter d'enfreindre les droits de propriétés des textes littéraires, je me dispenserai de recopier des scènes entières de la pièce. Chacun a une édition.
Je propose une étude complète de la scène 1 de l'acte I. Evidemment, il ne peut s'agir d'un travail exhaustif. Il ne peut être question que de donner de grands axes qui peuvent aider à mieux comprendre la scène et, à terme, la pièce.
Un étranger, qui n'est autre qu'Oreste, arrive dans le jardin du palais d'Agamemnon escorté de trois petites filles , les Euménides (cela on l'apprendra plus tard).Une fête se prépare dans Argos : le mariage d'Electre et du jardinier.
Très vite on découvre des éléments curieux, comme la façade du palais qui pleure et rit à la fois, comme les souvenirs de l'etranger qui a habité le palais et se souvient des pieds d'Electre,ou comme ces petites filles qui tournent autour d'une évocation sanglante de la reine Clytemnestre. Le jardinier évoque la tragédie fratricide d'Atrée et Thyeste, la mort d'Agamemnon, la fixation d'Electre qui veille sur le tombeau de son père. Parallèlement, devant l'attitude des petites filles qui croissent à vue d'oeil, on évoque leur présence récente dans Argos et leur véritable identité : les Euménides.
Tout ceci témoigne de l'imminence d'un fait exceptionnel. Serait-ce le mariage du jardinier avec Electre qui est annoncé pour le lendemain ? Les petites Euménides sont chassées par le jardinier tandis que l'étranger ne peut cacher sa surprise d'apprendre le mariage d'Electre avec le jardinier.
2. La construction de la scène:
- le début et la fin se cadrent sur l'entrée et la sortie des Petites Filles. Au fond elles ont permis d'amener l'etranger qu'elles ont guidé au début jusqu'au palais d'Agamemnon. Ensuite, insupportables, elles seront chassées pour permettre à l'Etranger d'entrer dans la conversation qui s'établira à la scène 2 à propos de ce mariage, entre le Président et le jardinier.
- mais, l'étranger étant conduit au palais comme un touriste va permettre de découvrir des particularités physiques du palais qui vont permettre d'introduire une histoire morale :
- l'affolement du palais actuellement
- le lien entre l'étranger enfant et le palais (Oreste a été soustrait au palais pour être tué)
- l'importance d'Electre et sa solitude affective
- les meurtres d'Atrée et de Thyeste
- la mort suspecte d'Agamemnon
- l'évocation de l'absence d'Oreste
- l'évocation de la peur de la reine Clytemnestre
- la chute d'Oreste des bras de sa mère et le rapport qu'Electre pourrait avoir dans cette chute
- le mariage d'Electre.
- dans le même temps, insensiblement, on découvre une bonne partie des personnages. Il ne manque plus qu'Egisthe , le Président et sa femme Agathe, le Mendiant.
3. Les axes d'étude de la scène:
Une scène d'exposition a pour fonction de démarrer une pièce.
Souvent dans les scènes d'exposition "classiques" (tragédies du XVIIème siècle), on ne présentait pas le personnage principal, on l'introduisait par l'intermédiaires des autres.
De même, on introduisait les éléments de l'histoire qui avaient déjà commencé antérieurement au début même de la pièce et qui étaient nécessaires pour la compréhension de ce qui allait se passer.
Ici, on peut dire qu'Electre n'apparaît pas, mais son frère, les Euménides, le jardinier évoquent la fille d'Agamemnon et son mariage .
Apparition dans la scène 1 de l'acte I du jardinier, personnage clé au départ puisqu'il représente le futur mari d'Electre, selon le mariage annoncé. A noter que l'on retrouve le jardinier dans les scènes 1,2,3,4,5. Suit une longue disparition et une réapparition soudaine avant sa disparition définitive entre les deux actes, pour le Lamento .
Autres éléments liés à la notion d'exposition de cette scène :
évocation du passé (voir plus haut dans : 2.construction de la scène) : "un palais de veuve" , "de souvenirs d'enfance".
évocation du lieu (Argos, le palais d'Agamemnon)
Enfin, l'histoire est lancée par un futur immédiat : le mariage d'Electre.
Mais aussi la présentation de personnages typés :
E. Une dynamique qui lance l'histoire et prépare les enchaînements
Le contexte de meurtres ou de morts violentes étant posé, des énigmes sont soulevées : la mort d'Agamemnon, le comportement de Clytemnestre, la place d'Electre dans le palais, le peu d'affection dont elle semble entourées, la disparition d'Oreste, la vigilance d'Electre qui surveille le tombeau de son père et guette peut-être le retour de son frère. Pourquoi ensuite, l'étranger que nous devinons être Oreste ne se fait-il pas reconnaître ? Que font ces Euménides depuis 2 jours ? Comment Electre peut-elle épouser un jardinier ?
Toutes ces questions stimulent la curiosité du spectateur et, au-delà d'une action imminente, laissent entendre que quelque chose d'autre se joue.
Nous sommes donc bien dans la première scène d'un premier acte avec une situation décrivant tous les ingrédients d'un équilibre instable, suspendus à la rupture de cet équilibre impossible.
Enfin, sans que cette scène soit la plus longue de la pièce, elle paraît relativement longue, égayée toutefois pas les personnages de petites filles et sans doute, visuellement, l'apparence du jardinier.
1. Réminiscence ?
"Le corps de droite est construit en pierre gauloises qui suintent à certaines époques de l'année. [...] Et que le corps de gauche est en marbre d'Argos, lequel, sans qu'on ait jamais su pourquoi, s'ensoleille soudain, même la nuit."
A rapporcher du poème de Du Bellay : "Heureux qui comme Ulysse..." poème 31 des Regrets dont les vers 9 à 12 sont les suivants :
Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin [...]
La thématique de ce poème est intéressante par rapport au personnage d'Oreste et à son retour. Non seulement Ulysse nous renvoie à la guerre de Troie et à Agamemnon, mais il symbolise aussi l'exil, comme Oreste et le retour à son chez soi. Ainsi les vers 1 à 4 du poème précisent, non sans ironie si on situe cette évocation par rapport à l'histoire d'Electre et d'Oreste :
...surtout quand on pense à ce qu'Oreste fera à sa mère et à son oncle Egisthe !
2. Les champs lexicaux:
4. Conseils pour une interrogation orale
1. Penser en situant la scène qu'il s'agit d'une 1ère scène,c'est-à-dire :
2. Ne jamais oublier que dans toute scène,il y a au théâtre dialogue : comment ce dernier permet-il de percevoir le caractère, l'identité des personnages. Cadre-t-il avec ce que nous savons de leur nom , de leur identité ?
3. Les noms
4. Le jeu de la parole dans une scène
5. Les forces en présence
6. Le lieu et le temps
2. Caractéristiques principales de la scène
A. Une remarque préliminaire :
La notion de scène semble obéir au système classique : une scène est déterminée par l'entrée ou la sortie d'un ou de plusieurs personnages.
B. Mouvement de la scène : une structure argumentative .
Toute la scène est conduite par le personnage du Président qui occupe une position centrale.
Ainsi, on se rend compte que cette scène fonctionne comme en réalité une thèse qui permet de présenter le personnage d'Electre avant même qu'il ne soit apparu sur la scène.
C. Un réinvestissement du tragique
De plus, l'argumentation et la thèse du Président permettent de définir en réalité la tragédie sans le dire directement, en passant par d'autres voies que celles des dieux, bien que cela revienne au même. En effet, le Président développe une théorie qui se fonde sur l'observation et une forme d'étude quasi scientifique (humanité composée de deux types d'humains: ceux qui oublient et ceux qui n'oublient pas). Ce faisant, il développe une théorie conforme aux visions traditionnelles de l'humanité : le bien et le mal, fondés sur deux extrêmes. Pourquoi cela existe-t-il ? Pourquoi est-ce Electre ? Parce que c'est dans l'ordre des choses, dans l'ordre de la nature humaine, voire de la nature tout simplement. On en revient donc à des forces qui dépassent l'entendement humain et donc, on rejoint le destin et le tragique.
On revient d'autant plus au tragique que l'homme sent que son bonheur est en danger et il lutte pour contrecarrer cette menace.
Enfin, en décryptant ainsi les intentions d'Egisthe -qu'on n'a toujours pas vu non plus-, le Président réintroduit la destinée des Atrides et la malédiction divine qui pèse sur cette famille.
Ce paradoxe, c'est la cohabitation du tragique et du drame, voire du drame bourgeois.
Ainsi, les valeurs que le Président défend sont celles de la bourgeoisie, celles d'un petit confort étriqué mais compatible avec la vie à condition de ne pas trop demander. Parallèlement, on perçoit clairement que le couple qu'il forme avec son épouse vit dans le mensonge (ou le demi-mensonge) : Agathe apparaît trop soumise à son mari pour que ce ne soit pas suspect. Elle est tellement soumise qu'elle n'a d'autre issue que d'abandonner toute indépendance de vue, toute indépendance de pensée et d'opinion. Voilà pourquoi elle semble bête (lorsqu'elle dit par exemple "Pourquoi, chéri ? Tu me l'as dit, j'ai oublié"). Réduité à l'état servile, elle agit comme un être servile [rappelons-nous que franc est le contraire d'esclave], elle ment pour se préserver un espace de vie.C'est pourquoi aussi on sent qu'elle tourne autour du mot adultère. L'adultère est le mensonge, c'est faire croire à l'autre qu'on l'aime, qu'on est fidèle, alors qu'on le trompe.
Autre paradoxe : c'est l'étranger, dont on pouvait percevoir l'étonnement quant au sort réservé à Electre pour son mariage, qui semble prendre la défense de se mariage en se plaçant du côté d'Electre.
Enfin, le dernier paradoxe de cette scène, c'est qu'elle est comique grâce au personnage d'Agathe et au couple Agathe/le Président.
E. Dimension de la scène dans l'oeuvre
2. Les temps principaux de la scène
3. Les personnages :
A. Egisthe :
Si le Président frappait par son autorité ( il est second Président du tribunal), Egisthe est investi d'une autorité encore supérieure. Cela se découvre déjà avant son arrivée, à la fin de la scène 2, par l'attitude de tous. Cela se retrouve dans cette scène par le fait qu'il est celui qui a la parole parce qu'il l'a par autorité naturelle, celui qui distribue la parole ou interrompt péremptoirement :
- Pourquoi cet escabeau ? / Nous laissons l'escabeau, mes amis ? / Laisse l'escabeau
- Ne proteste pas / Tais-toi
- Voici le mendiant, seigneur / Et vous-même, seigneur ? / Bien dit. Bravo
Il tutoie, mais on lui dit "vous"
Parallèlement, malgré un langage souvent familier [ l'interrogation "Nous laissons l'escabeau " est proche du langage parlé (ou du registre familier) dans la mesure où nous n'avons pas d'inversion du sujet par rapport au verbe], Egisthe a la parole large et facile :
- Nous / mes amis / Nous aurions à être / notre président / Cher Président / Mon cher hôte
- Interrogation rhétorique : "Mais de quoi crois-tu que nous parlions, de notre charmante petite Agathe ?"
- Construction oratoire avec le martèlement de questions renforcées par l'anaphore du "pourquoi" : "Pourquoi, depuis que je suis régent (...) ? Pourquoi chez nous (...) ? Pourquoi dans Argos seulement (...) ? Pourquoi exportons-nous plus (...) ? Pourquoi les orages survolent-ils (...) ?"
- Réduction des formules : "Il n'est pas deux façons de faire signe "
- Rupture de suivi dans le discours : " (...) moi je crucifie au fond des vallées. Et maintenant j'ai tout dit sur Electre."
B. Le mendiant
C'est un personnage essentiel dans cette scène. Il est tout en ambiguïté .
D'une part, si au début, il participe peu à la discussion, peu à peu il devient celui qui pousse la réflexion et prend la place du Président au point que celui-ci en vient à prendre le parti d'Egisthe.
Le début de son intervention est de l'ordre de l'intrusion intempestive :
- "Bien dit. Bravo ."
- "Bravo, c'est très clair ! J'ai très bien compris !"
- Puis exemple des hérissons qui traversent les routes et perte du fil du discours :" J'ai perdu mon fil... Continuez...Cela me reviendra..."
- Puis à nouveau intrusion intempestive : "Voilà ! J'ai retrouvé !
Econduit pour une question de préséance (les dieux d'abord, les hérissons ensuite), le mendiant reprend la parole pour reprendre son histoire de hérissons. Par la suite, il semble peu cohérent affirmant que "ce qui est vrai pour les hérissons, c'est vrai pour les autres espèces", et , une fois que le président a acquiescé, prenant le contrepied de cette thèse, conduisant Egisthe a tenter de le faire taire.
Soudain, il aborde le fond du sujet : Electre et son meurtre. Il accuse Egisthe de vouloir la tuer (3 fois ) :
- Vous
- Vous voulez tuer Electre
- Alors,il veut la tuer ! Il n'y a aucun doute. Il veut tuer sa nièce chérie.
Nouvelle rupture dans l'argumentation du mendiant : l'histoire de la louve. Cette rupture de sens est signalée par l'incompréhension d'Egishte : "Et alors ?" // " Où est le rapport" et l'incompréhension du Président : "On vous demande où est le rapport ?" // " Nous vous demandons où est le rapport ?"
Dès lors, c'est le mendiant qui argumente. C'est lui qui explique comment Egisthe est contraint de tuer Electre avant qu'elle ne se déclare. C'est lui qui explique plus loin, qu'Electre ne manquera pas de se déclarer, comme toute chose de la nature. C'est lui qui argumente pour soutenir sa thése contre Egisthe qui finit par donner l'assurance qu' Electre mariée au jardinier tout rentrera dans l'orde.
Le mendiant, égaient par sous son discours incohérent, et par ses outrances ( "Et l'on pourra bien peut-être la tuer un petit peu aussi, si l'occasion se présente" / " Cela n'était pas un complot d'assassins royaux comme ici") , son sens de la formule ("Tu ne me diras pas qu'on n'enterre pas beaucoup plus vite dans du terreau que dans du marbre ?" //" Comme la faim l'est [transmissible] chez les pauvres" // "Le cancer royal accepte les bourgeois" ), son sens du concret, de la métaphore ("Courbe-toi pour piquer un poireau. Repique-le parce que tu es tombé sur une motte. La mort est passée !")
Mais en même temps, il fait des allusions qui deviennent thèmes récurrents ou prophétiques dans la pièce : "afin de ouvoir la tuer la veille (...) dans sa baignoire" / "Méfiez-vous. La petite Agathe n'est pas très mal. La beauté aussi fait signe".
Enfin, de manière insidieuse, il établit un parallèle entre le conflit d'Egisthe et Electre, situé par Egisthe dans une vision d'un monde peuplé de dieux, et le modèle cosmique de la vie fondée sur des lois immuables bien que variant d'une espèce à l'autre.
Le rôle du mendiant est bien de retourner peu à peu le mouvement de la scène, même si , à la fin, le dernier mot semble rester à Electre et que le mendiant semble adopté : n'oublions pas qu'il termine d'une phrase assassine en parlant de "complot d'assassins royaux".
Ce mouvement permet de mettre en évidence une thèse qui part d'ailleurs de l'argumentation même d'Egisthe, en en révélant la logique souterraine : au fond, le mendiant est en train de conduire Egisthe à une sorte de psychanalyse en lui faisant prendre conscience des implications inévitables de ses actes et de ses intentions subconscientes dictées par ses choix politiques et religieux.
C. Le Président
Un personnage secondaire mais doté d'une fonction logique. Le président, opposé au mariage d'Electre et de son cousin le jardinier va continuer à s'y opposer pied à pied mais pour finir par être mis devant le pied du mur : lorsqu' Egishte demande qu'on aille chercher Electre et Clytemnestre, c'est qu'il considère que ses interlocuteurs ont été -d'une manière ou d'une autre- réduits au silence.
Acte I sc. 4, voir Etudes
d'élèves
Je suis actuellement en 1ère S au lycée *** de ***, et ce depuis le 4 janvier 99. Auparavant, j'étais scolarisée au lycée de BASTIA. Je suis perdue en Français. Mes camarades ont étudié 13 textes pour le bac français (quant à moi 6). Par votre intermédiaire, est- il possible d'obtenir des fiches d'étude sur Electre (acte 1 - scène 11 // acte 2 - scène 8 // acte 1 - scène 4 // acte 1 - scène 8)
1. Résumé rapide de la scène
La scène 11 survient après les scènes 8-9 et 10 pendant lesquelles Oreste et Electre se découvrent : Electre cherche à donner vie à son frère, indépendamment de leur mère Clytemnestre; Oreste,lui, cherche à comprendre la haine de sa soeur et peut-être à éviter le drame(scène 8). Clytemnestre réapparaît et finit par comprendre par les informations d'Egisthe que l'homme inconnu que sa fille prétend épouser est Oreste. Elle tait sa présence à Egisthe et remonte dans sa chambre (scène 9) pour redescendre juste après le bref échange entre Oreste et Electre qui prend la piste (scène 10).
Clytemnestre vient à la rencontre de son fils et entame le dialogue avec lui jusqu'à ce qu'Electre s'interpose et la renvoie. La scène se termine par un adieu, singé par deux Petites Euménides.
2. Les temps principaux de la scène
3. Les personnages
Oreste
Il est avant tout le fils qui répond à sa mère :
Oui , il est Oreste et reconnait Clytemnestre comme sa mère, puisqu'il lui donne le titre de "mère" dès la première réplique. En tant que fils il est attaché à sa mère (la revoir est "doux") mais il ne peut oublier qu'il a été chassé par elle , de là la tristesse.
On peut en déduire toute l'ambiguïté des sentiments d'Oreste : attiré par ses sentiments de fils mais éloigné par la cruauté de sa mère envers lui : elle est belle....de loin, sa maternité risque de disparaître...de près. De là l'amour, le respect, qu'il ne peut dire à sa vraie mère et qu'il dit à son mirage.
Pourtant , Oreste admire sa mère. On se demande d'ailleurs si cette admiration n'est pas son talon d'Achille.
Clytemnestre
Un personnage ambigu dans la mesure où elle comprend qui est Oreste à la scène 9 et vient s'en assurer sans en rien dire à Egisthe. De plus elle apparaît à certains égards comme une mère attachée à son enfant : "Tu la regardes de bien loin", "Je m'approche", "que mon fils soit lui-même devant moi, qu'il parle, qu'il respire, je perds mes forces", "Qui te dit qu'une minute d'amour maternel suffise à Oreste?"
Par contre, les répliques d'Electre mettent en évidence le "jeu" de Clytemnestre : "Tout me dit que toi tu n'as pas droit, dans ta vie à plus d'une minute d'amour filial" ou lorsqu'elle parle de "cette ignoble coquetterie maternelle".
De même qu' Oreste évoque cette mère admirable à laquelle Clytemnestre pourrait ressembler au point que "Si je n'étais pas ton fils, je m'y tromperais".
Electre
Deux Petites Euménides
A partir de : «Mais assis comme moi dans ce jardin où tout divague un peu la nuit, où la lune s'occupe au cadran solaire, où la chouette aveuglée, au lieu de boire au ruisseau, boît l'allée de ciment, vous auriez compris ce que j'ai compris, à savoir : la vérité.»
Jusqu'à :«C'est une entreprise d'amour, la cruauté, pardon, je veux dire la Tragédie»
1. Situation du passage :
2. Plan du texte :
On peut distinguer 3 parties majeures :
Le jardinier s'adresse directement au spectateur et traduit la vision de son abandon par une dimension poétique du sens des aléas de la vie.
Ayant établi un parallèle entre notre vie de tous les jours et Electre, il s'efforce de montrer que les mobiles apparents des actes d'Electre sont le contraire de ce qu'ils sont en réalité.
Voilà pourquoi d'ailleurs la pièce est une tragédie.
3. Etude du passage.
A. Une tonalité poétique
B. Une discours argumentatif qui n'est qu'une présentation didactique de la tragédie
C. Une mise en perspective du Jardinier, de son rôle et de la construction même de la pièce.