LETTRES ANGEVINES par Yvon
JOSEPH-HENRI
GIRAUDOUX
ELECTRE
1.
Eléments de Cours
Présentation
générale
- [Bibliographie
succincte]
- [1.
Caractéristiques
générales]
- [2. Reprise d'un
mythe ][A.
L'histoire][B.
Antériorité][C.
L'originalité de G.]
- [3.
Résumé][Acte
I][Lamento][Acte
II]
-
- [Page
générale Electre][ 1.
Eléments de cours][ 2.
Etudes][ 3.
Exercices]
-
- [SOMMAIRE]
Quelques
lectures utiles:
- Electre de
Giraudoux éd.Bodas, coll. « Univers des Lettres
» (pour les notes et l'introduction)
- Electre de Jean
Giraudoux par Hubert Laizé éd. PUF coll. Major
Bac
- Le bac de
français 1998, La Fontaine, Rousseau, Giraudoux
éd. PUF coll. Major Bac
- Electre,
Giraudoux, éd. Hatier coll. Profil d'une oeuvre
(n° 213-214)
Cette liste, très
succincte ne prétend à aucune publicité, pas
plus qu'elle n'est exhaustive. Lorsque nous disposerons de plus de
temps, il sera peut-être utile de dire un mot sur la lecture
d'oeuvres critiques.
On ne le dira jamais assez,
ces petits ouvrages sont très bien faits. De surcroît,
on ne peut se familiariser avec la réflexion littéraire
sur une oeuvre qu'en lisant et en lisant des études
différentes: ne serait-ce qu'à lire la même
chose, on apprend, on retient mieux. Et puis, on peut ne pas
comprendre une idée du premier coup. A la relire
présentée autrement, on peut soudain mieux saisir de
quoi il était question.
Pour ma part, j'ai toujours
dit à mes élèves qu'une heure de lecture valait
bien plus qu'une heure de cours.
Ci-dessous, on trouvera
quelques éclairages qui ne prétendent pas faire mieux
que les ouvrages ci-dessus évoqués...
1.
Caractéristiques de la pièce:
- reprise d'un mythe
antique
Quelle est l'histoire
?
Quelles sources
antérieures ?
- deux actes contre 5
traditionnellement dans les pièces classiques
- intervention des
Euménides sous la forme de trois petites filles qui
grandissent à mesure que le temps passe et que la
pièce se déroule.
- personnage du
jardinier
- personnage du
mendiant
- personnage du
Président Théocathoclès et de sa femme
Agathe
2. La
reprise d'un mythe antique
Evoquer cet aspect, c'est
s'interroger :
A.
sur l'histoire
(si vous la connaissez,
sautez le passage !
)
L'histoire « large
» débute avec Tantale. Tout le monde a entendu parler
du supplice de Tantale (Tiens ! pendant les cours, lorsque midi
approche et que le voisin, au lieu d'écouter le prof de
français, s'ouvre une petite barre au chocolat...). C'est
si l'on peut dire l'origine de tout.
En somme, Atrée et
Thyeste sont frères et Agamemnon et Egisthe sont
cousins
Par contre, pour des
parents, ils ont des comportements douteux :
- Thyeste séduit
la femme d'Atrée, tout comme Egisthe séduira
celle d'Agamemnon
- Atrée tue les
enfants de son frère (il les lui sert à manger;
cf. La scène 1 de l'acte I)
- Egisthe mis au monde
par Thyeste pour se venger de son frère séduira
la femme d'Agamemnon pendant l'absence de ce dernier parti pour
la guerre de Troie
- [ causée
par l'infidélité d'Hélène, soeur
de Clytemnestre, et épouse de Ménélas,
frère d'Agamemnon - quand le destin s'en mêle,
pour ne pas dire s'emmêle !- (ce qui explique
l'allusion de Giraudoux par l'entremise du Président
évoquant des « femmes à histoires »
acte I scène 2) ]
B.
Sur l'antériorité de la mise en scène
d'Electre
(là encore on saute
si l'on sait !)
- Eschyle divise l'histoire
en trois pièces :
- Agamemnon
: le meurtre du père
- les
Choéphores : la vengeance des
enfants
- les
Euménides : la vengeance des dieux
- Sophocle :
Electre
- Euripide :
Electre (elle épouse un laboureur, Egisthe
épouse Clytemnestre,Oreste sera poursuivi par les
déesses de la vengeance )
Ainsi, on retrouve chez
Giraudoux, cela dit rapidement, le jardinier et les
Euménides ou les déesses de la vengeances, les
Erinyes.
C.
Sur l'originalité de Giraudoux :
(Et hop! si l'on sait
!)
- Par rapport à une
tradition classique qui avait imposé les 5 actes ,
Giraudoux divise sa pièce en 2 actes. Mais, on peut y
retrouver l'influence de la trilogie d'Eschyle. Par ailleurs, dans
le mouvement de l'histoire, on peut retrouver aussi le mouvement
traditionnel des pièces classiques . Par contre, il
paraît intéressant de noter que l'utilisation du
jardinier chez Giraudoux va de pair avec tout le premier acte et
l'impression que ce premier acte glisse vers une sorte de drame
bourgeois, voire de vaudeville (cherchez la
définition chez JEG: http://www.bplorraine.fr/Jeg/Files/Index.html#D).
En effet, par l'intervention du Président, de sa femme
Agathe, on a l'impression que les problèmes que pose la
pièce sont plutôt à prendre sous l'angle d'une
dispute familiale, d'une mésalliance, voire d'une querelle
entre une fille adolescente et sa mère. Pourtant,
dès le lamento du jardinier, plus de doute possible : nous
sommes bien dans une tragédie.
- Rien pourtant de
compliqué dans la pièce de Giraudoux : simplement,
le début semble marquer une hésitation entre une
tonalité plus « ordinaire » plus quotidienne et
une tonalité « tragique » parce que le destin,
les dieux sont en cause. En d'autres termes, on peut avoir le
sentiment en lisant Electre que Giraudoux nous explique le
théâtre et ses genres, en nous faisant comprendre la
différence entre un théâtre léger, une
comédie, et un théâtre cherchant à
comprendre le sens de la vie, la tragédie. Sous cette
forme, Giraudoux nous ramène, sans y penser, aux
distinctions classiques de genre... en ne les respectant pas
!
- Les autres inventions
intéressantes de Giraudoux ont suffisamment
été évoquées par ailleurs pour
n'être qu' évoquées ici :
- le personnage du
mendiant
- les
Euménides
- le personnage
d'Egisthe
- le personnage d'Agathe
et son rôle
- la dimension «
féministe » de la pièce
- l'utilisation d'un
langage plein de fantaisie, de poésie et
modernisé
- la dimension
policière de la pièce avec Electre jouant le
rôle de limier.
3.
Résumé
A.
L'acte I.
- Scène 1 : A
Argos.Le Jardinier, renseigne un Etranger, Oreste, qui arrive,
accompagné des 3 Euménides. On y apprend le prochain
mariage d'Electre et on découvre que l'Etranger-Oreste
connaît le palais d'Agamemnon dans les jardins duquel doit
avoir lieu la cérémonie.
- Scène 2 : arrivent
le Président et sa femme Agathe, cousins
éloignés du Jardinier qui viennent s'opposer au
mariage . Le Président justifie sa décision en
livrant son interprétation du geste d' Egisthe: en mariant
ainsi Electre, il cherche à se débarrasser des Dieux
et de leur malédiction en la faisant glisser sur la famille
du Président. Egithe arrivant, le Président chasse
son épouse et l'Etranger auquel Agathe commence à
s'intéresser.
- Scène 3 : Peu
après Egisthe, un mendiant singulier arrive qui va peu
à peu s'intégrer au groupe. Egisthe sermonne le
Président pour son manque de loyauté et son refus de
voir le Jardinier épouser Electre. Au cours du débat
il donne sa conception du pouvoir, du rapport des humains et des
dieux : s'il marie Electre au jardinier, c'est pour éviter
qu'elle ne fasse signe aux dieux et n'attire malédiction et
désordre sur Argos. Pour le mendiant, il ne fait pas de
doute qu'une lutte sourde a commencé inconsciemment entre
Egisthe et Electre et que le premier des deux qui se
déclarera l'emportera. Il en est des hommes comme des
choses de la nature, qui se « déclarent » un jour
ou l'autre : rien n'est anodin et même Agathe selon le
mendiant est potentiellement dangereuse.
- Scène 4 :
Clytemnestre, la reine, et Electre, sa fille, font leur
entrée à leur tour. Très vite, le dialogue
entre Egisthe et Electre fait place à une dispute entre
Clytmnestre et Electre sur la chute d'Oreste et la responsable de
cette chute. Remarque anodine en apparence du mendiant sur
l'attitude de la femme Narsès qui arrime solidement son
enfant puis revirement de Clytemnestre qui refuse que sa fille
épouse un jardinier. Le Jardinier s'offusque et se
défend. Finalement, la dispute entre Electre et
Clytemnestre reprend de plus belle. Il n'y plus d'issue
semble-t-il et Egisthe s'en va entraînant la reine avec
lui
- Scène 5 :
L'Etranger revient en compagnie d'Agathe. Il se saisit d'Electre
et Agathe repart avec son cousin considérant que les
Théocathoclès sont maintenant
sauvés.
- Scène 6 : Oreste
dévoile son identité à Electre
- Scène 7 : Arrive
Clytemnestre pour tenter de fléchir Electre d'abandonner le
Jardinier et de revenir au palais. Electre lui présente
celui qui remplace le jardinier. Méfiance de Clytemnestre
qui l'interroge sur sa mère puis qui finit par partir
chassée par Electre.
- Scène 8 : Oreste
seul avec Electre et en présence du mendiant questionne
Electre sur la haine qu'elle ressent pour leur mère alors
que la soeur s'attache à faire naître symboliquement
son frère d'elle et non de Clytemnestre. Puis Electre
révèle tout ce que sa haine à l'égard
de la femme d'Agamemnon contient d'obscur. Oreste demandant un
répit, pour goûter « la douceur de cette vie
», elle lui accorde une heure.
- Scène 9 : Une
nouvelle fois, Clytemnestre revient. La dispute reprend, Electre
reprochant à Clytemnestre d'avoir voulu la « mettre
dans son camp ». Egisthe apparaît à la
fenêtre et annonce qu'Oreste n'est pas mort et qu'il se
dirige vers Argos. Elle cache pourtant à Egisthe que ce
n'est pas le jardinier qui est avec sa fille et elle même,
avant de retourner à l'intérieur du
palais
- Scène 10 : Electre,
pressée par Oreste de dire son secret, lui
révèle qu'elle ne saisit pas tout
encore.
- Scène 11 : Denier
retour de Clytemnestre qui , ayant compris que l'Etranger
était Oreste, cherche à connaître ses
sentiments. Electre s'interpose et Clytemnestre s'efface alors
qu'apparaissent les petites Euménides.
- Scène 12 : Les
petites Euménides, qui ont grandi, jouent pendant
qu'Electre et Oreste dorment. Elles suggèrent l'assassinat
de Clytemnestre et celui d'Electre par Oreste, ce dernier
hésitant entre les deux. Le mendiant finit par les
chasser.
- Scène 13 :
Conclusion du mendiant. Tout réside effectivement dans
l'histoire de la chute d'Oreste et dans le comportement de
Clytemnestre. Méditation sur la fraternité, signe
distinctif des humains, et sur la légitimité de
l'action d'Electre, symbole d'une « vérité sans
résidu », d'une « lumière sans
mèche ».
B. Le
lamento du jardinier
C.
L'acte II.
- Scène 1 :
réveil d'Electre qui dialogue avec le mendiant.Ce dernier
lui conseille de partir « de l'aurore ».
- Scène 2 : Retour
d'Agathe et du Jeune Homme.Leur dialogue révèle
qu'Agathe a des amants et qu'elle bâtit sans cesse des
mensonges pour cacher sa vérité. Mais la
vérité se dévoile car le mensonge se
découvre.
- Scène 3 : Reveil
d'Oreste. Les petites Euménides, de retour, tentent de le
détourner d'Electre. Après des hésitations,
il se rallie à Electre qui lui apprend que Clytemneste a un
amant et qu'Agamemnon a été assassiné. Il
reste à découvrir l'amant et l'assassin.
Clytemnestre surgit au moment où le frère et la
soeur s'apprêtent à partir.
- Scène 4 : Electre
questionne Clytemnestre, qui nie, sur son amant. La mère
met en garde ses enfants sur le danger à vouloir
découvrir les secrets puis demande un tête à
tête avec Electre.
- Scène 5 : Seules
face à face, Clytemnestre et Electre vont lutter, l'une
pour obtenir des aveux, l'aute pour se disculper. Alors que
Clytemnestre se retranche derrière sa condition de femme,
Electre brandit l'amour de son père et son amour quasi
incestueux pour lui. Clytemnestre reconnaît avoir un amant
mais cache son nom.
- Scène 6 : Mais
Agathe, poursuivie par le Président va lui crier qu'elle a
un amant, et qu'elle le hait. En passant, elle remercie Electre,
preuve de l'influence de cette dernière sur la
transformation des gens et des choses. Dans ce dialogue à
quatre, deux par deux, Electre comprend aidée par le
comportement d'Agathe que sa mère a comme amant
Egisthe.
- Scène 7 : Ce
dernier arrive, suivi à la verticale par un oiseau, comme
un accent au-dessus de lui. Il fait une déclaration d'amour
à Electre, devant Clytemnestre outrée. Survient le
Capitaine qui annonce que la ville est encerclée et
attaquée par les Corinthiens, contre toute attente. Le
danger est important car la sédition semble aussi se faire
de l'intérieur, sous les traits de hordes aux mendiants. Il
faudrait qu'un roi apparaisse pour enfin rallier à lui
toutes les forces d'Argos. Egisthe se déclare à
Electre : il souhaite épouser Clytemnestre,non plus par
amour, mais pour sauver la ville. Parallèlement, il se
débat contre le Président jaloux de sa liaison avec
Agathe et qui lui réclame des comptes, tandis qu'Electre
règle ses comptes avec sa mère dont elle comprend
qu'elle détestait Agamemnon. Egisthe et Clytemnestre s'en
allant, Electre tente d'appeler Oreste à son secours, mais
les Euménides l'ont enchaîné. Mais Egisthe,
dans son désir de convaincre Electre laisse passer sa
chance.
- Scène 8 : A son
tour, Electre se déclare. Fille et femme de son
père, elle refuse son consentement à Egisthe au nom
des déshérités, au nom de la tendresse et de
la justice. C'est au nom d'une justice absolue qu'elle refuse
à Egisthe et Clytemnestre tout repentir. D'ailleurs, peu
à peu, elle reprend son interrogatoire de Clytemnestre qui
,lentement, perd pied. Même Egisthe admet une
culpabilité. Folle de rage, Clytemnestre crie sa haine pour
Agamemnon au moment où la ville est submergée par
les assaillants victorieux.Egisthe refuse de tuer Clytemnestre
comme le lui demande Electre, mais il refuse aussi de faire
emprisonner Electre. Il donne l'ordre de la laisser libre et de
libérer Oreste.
- Scène 9 : devant la
femme Narsès qui arrive avec tous les
déshérités pour sauver Electre et son
frère, le mendiant commence son histoire, celle du meurtre
d'Agamemnon par Egisthe et Clytemnestre. Oreste les rejoint le
temps d'un instant, courant pour tuer les coupables. Et,
après quelques instants, le mendiant termine son histoire
en racontant la mort de Clytemnestre et d'Egisthe, tués par
Oreste. Passé, présent et futur semblent se
réunir dans le Verbe du mendiant, berceau du
temps.
- Scène 10 : Alors
que tout se désagrège en ville, les Euménides
annoncent la persécution et le suicide d'Oreste tandis
qu'Electre se retrouve un mère en la femme Narsès et
que le mendiant pronostique une aube nouvelle.
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