PRESENTATION
La préparation au baccalauréat se fait toute l'année, on s'en doute.
On trouvera dans tous les manuels de classe, ou dans les annales, des conseils efficaces pour préparer le baccalauréat.
Il s'agit ici plutôt de proposer quelques éléments de réflexion fondés sur ce que demandent mes élèves.
Les 3 sujets devraient être également préparés. Le sujet 1, que choisissent la plupart des élèves ne doit faire l'objet d'une forme de superstition: il ne porte pas plus chance qu'un autre. Tout est une question de préparation.
Ne pas oublier que le meilleur moyen de se préparer consiste d'une part à travailler son expression ...en écrivant ! En plus de l'écriture -à propos d'ailleurs de n'importe quel motif- il faut aussi apprendre à traiter des sujets. Chacun nécessite une technique particulière qu'il faut acquérir.
Pour le choisir, prendre le temps de lire toutes les questions et notamment celles de la seconde partie, qui concernent le travail d'écriture. Certains sujets peuvent vous être bien difficiles.
Ne pas oublier que les questions de la première partie ont généralement deux objectifs:
Quant au travail d'écriture, il cherche avant tout à montrer que vous êtes capable de procéder à une analyse de l'argumentation du texte étudié. A partir de cette analyse, on vous demandera soit de refaire une argumentation (soutenant ou contredisant la ou les thèses du texte), soit d'analyser des arguments qui s'opposent pour donner votre avis, soit de tenter une reformulation du texte. Ne jamais oublier que ce travail, nécessite presque toujours des arguments solides, des exemples, un raisonnement clairement identifiable. Attention toutefois à la variété possible du travail d'écriture. Il peut vous être demandé de reproduire un style, un procédé d'argumentation, une forme particulière d'énonciation : le travail d'écriture peut tendre à devenir au-delà d'un travail de raisonnement, voire plus qu'un travail de raisonnement, un exercice de style.
Bien que ce ne soit pas en fin d'année qu'on puisse donner des conseils à un élève qui passe le bac, le sujet 2 devrait intéresser les élèves qui ont acquis la technique du commentaire composé. Ce ne sont pas les 4 points des questions de la première partie du sujet -même si ces 4 points sont loin d'être négligeables ! - qui vous permettront d'avoir une note au moins convenable à ce type de travail. Ces questions de la première partie ont pour fonction d'attirer votre attention, tout en vérifiant votre aptitude à "lire" un texe et à l'analyser, sur des procédés stylistiques qui ne sont pas neutres. Ainsi, ces questions visent à préparer votre regard sur le texte, à préparer votre commentaire composé.
Sans qu'il puisse être question ici de vous fournir une clé du commentaire composé, on peut toutefois attirer votre attention sur un ensemble de remarques :
Plus tard -c'est-à-dire quand j'en aurai eu le temps !- je vous proposerai des formes schématiques de construction d'un commentaire composé, des différentes parties, de l'introduction et de la conclusion. C'est promis !
En contrepartie, je souhaite que vous réagissiez à ces propos. Ce sera le signe de questionnements, de réflexion et pour moi le moyen de mieux adapter mes propos à vos problèmes. Merci !
En principe, le sujet de type 3 est le sujet qui semble faire le plus peur aux élèves. En tout cas, au dernier bac, dans mon établissement -et si j'en crois les échos que j'ai d'autres établissements dans l'académie-, ce sujet est en passe de devenir le sujet le moins choisi.
Et pourtant, c'est sans doute celui qui devrait préparer les élèves le plus au travail de la dissertation philosophique, voire de tous les travaux d'écriture construit à partir d'une problèmatique qui n'est pas totalement fournie. Bien sûr, la philo... c'est demain ! et demain c'est loin ! Et pourtant, si vous saviez !...
En réalité, ce type de devoir repose au fond sur un travail qui est celui de tous les jours : celui du cours quotidien de français. En effet, la dissertation nécessite d'abord de connaître les oeuvres du progamme (3 en L, 2 ailleurs) : autant dire que l'on fait d'une pierre deux coups ! Tout en suivant le cours et en travaillant pour son oral, on travaille pour son écrit ! De plus, on ne risque guère de surprise, le sujet ne peut tomber que sur l'une des oeuvres au programme de la série.
Par contre, c'est un exercice exigeant dans la mesure où il repose sur un travail d'argumentation qui suppose de fonder ses propos sur des illustrations précises. Il nécessite aussi un minimum de maîtrise d'une argumentation longue et construite. Enfin, il peut aussi se révéler difficile par la complexité d'un sujet qu'il faut d'abord analyser puis décomposer en différentes parties pour comprendre où se trouve la réponse. Autant dire que le devoir sur le sujet 3 nécessite de s'y être habitué pendant l'année. On ne peut pas imaginer de faire un devoir sans s'entraîner à écrire !
L'oral se prépare sans difficulté en classe, en prenant la parole, en s'inscrivant pour faire des exposés... Avant tout, il importe de comprendre que l'oral n'est pas l'épreuve que l'on s'imagine en général. Il se passe pour le plus grand nombre de la manière la plus simple et anodine qui soit. Mais, parce que c'est là que l'on imagine la confrontation avec l'examinateur, on a tendance à avoir peur, et on le redoute plus que l'écrit qui est souvent moins gratifiant dans ses notes.
Néanmoins, un oral se prépare. On ne perd rien à travailler, à condition que cela soit fait méthodiquement et avec calme.
En dehors du travail régulier tout au long de l'année, il faut, pour les révisions, faire d'abord un bilan des textes que l'on a à revoir, des oeuvres à relire (si,si !). Une simple division vous indiquera le temps disponible pour chaque texte. Prévoyez aussi si vous le pouvez des pauses de lectures d'études critiques qui stimuleront votre regard, vous apporteront d'autre manières de voir... et vous feront réviser ! Ne jamais travailler trop sur un même sujet et faire des pauses : tous les manuels vous le diront.
Les fiches de travail sont d'un usage personnel. C'est dire qu' a priori elles doivent répondre à des besoins et des méthodes de travail personnels. Aussi ce n'est qu'à titre indicatif que l'on peut vous proposer une forme de fiche de travail pour vos textes.
Ainsi, pour un livre comme les Confessions , il faut réfléchir à ce que l'on veut :
1. La synthétisation des données. Une réflexion sur la compréhension des éléments critiques sur une oeuvre comme les Confessions

Analyse du tableau.
Il part d'une lecture critique qui pourrait être aussi bien celle d'un petit fascicule que vous avez étudié, ou celle des notes que vous avez prises en classe.
A. Première des choses à comprendre : un savoir et une étude d'oeuvre est toujours organisé rationnellement pour pouvoir être retenu. Le schéma proposé n'est qu'un exemple parmi d'autres. Si vous en avez un meilleur, alors utilisez le vôtre !
Premier principe : on décompose .
- Ici on vous propose de partir d'éléments en apparence extérieurs à l'oeuvre :
- le rapport entre l'auteur et son siècle (notamment ce qui se passait alors)
- les éléments que vous pouvez découvrir sur l'auteur, et sur l'ensemble de son oeuvre.
- la postérité de l'oeuvre
- Ensuite, on glisse à la typologie de l'oeuvre :
- roman
- mais aussi, pour une petite part, roman picaresque
- et surtout autobiographie, ce dernier aspect engendrant en particulier une réflexion sur le titre et, à travers la notion de personnages, la perception de ce que le premier personnage des Confessions est l'auteur, et son moi.
- Si on en revient à la notion fédératrice de roman, ou d'oeuvre romanesque autobiographique, il est évident que l'on va pouvoir réfléchir aux constituants de base de tout roman. Avec simplement des infléchissement liés à la particularité de l'oeuvre de Rousseau et à sa dimension autobiographique. Cela nous conduit donc à analyser dans un roman à la fois
- la dimension spatiale (notamment les paysages; mais on pourrait aussi s'intéresser au décor, aux lieux et à leur rôle)
- la dimension temporelle, en pensant tout de même à deux notions :
- le fait que -en tant qu'autobiographie- les Confessions ont une structure chronologique
- le fait cependant que Rousseau "voyageant" dans sa tête et ses souvenirs, il recompose le temps autrement et joue sur les durées, ou les attentes de souvenirs...
- les personnages, et tout particulièrement
- Jean-Jacques, le premier d'entre eux
- Les femmes
- Tous les autres personnages en les classant selon des degrés liés ou à l'importance quantitative dans le livre (longueur du passage), ou au moment de leur apparition, ou encore à l'influence qu'on peut leur accorder dans la vie de Rousseau ou dans ses Confessions.
- Enfin, poser à la fois la dimension autobiographique et réfléchir sur le titre ne peut manquer d'aborder un autre niveau dans l'oeuvre, la dimension philosophique avec :
- l'importance du moi et au-delà la place de l'enfance dans la structure du livre et dans la genèse de la vie de l'adulte Rousseau
- la dimension symbolique que revêt l'enfance
- la place de la religion - et d'une part la religion catholique- d'autre part Dieu pour Rousseau
- la place de la société
- l'éthique de Rousseau, qui s'interroge sur
- Le bonheur
- Le Mal et la faute
- On revient au point de départ si l'on peut dire puisque poser le bonheur, la faute, c'est renvoyer au titre des Confessions, à ce qu'il suggère d'aveu, d'attente de pardon (donc de sentiment de culpabilité), d'espérance du bonheur (un paradis, mais dont on peut se demander s'il est accessible, et s'il n'est pas perdu)
Deuxième principe : on vérifie ses connaissances et ses aptitudes à exposer ce que l'on sait .
Prenez donc les éléments du schéma image décomposés ci-dessous et cliquez sur les différents points pour voir apparaître des listes d'idées. Ces idées devraient vous renvoyer à des connaissances plus complètes. Si vous ne les avez pas, et c'est le moyen de le vérifier, alors au travail ! Reprenez lecture des Confessions, lecture des notes de classe, et études critiques.
Troisième principe : on expose .
C'est-à-dire qu'après avoir décomposé un schéma de cours - plus ou moins complet : il n'est pas non plus nécessaire de croire qu'il faut tout savoir sur Rousseau; il faut surtout savoir penser !- il faut apprendre à construire un exposé pour voir si on sait logiquement conduire une pensée. Mais cet aspect au fond concerne plus l'écrit -dissertation - que l'oral qui repose sur un entretien. Cependant ne pas oublier que des connaissances sont faites pour être utilisées : si on les laisse dormir, on les oublie .